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1. WO2020109708 - CAPTEUR DE GAZ COMPORTANT UNE SOURCE DE LUMIÈRE IMPULSIONNELLE

Note: Texte fondé sur des processus automatiques de reconnaissance optique de caractères. Seule la version PDF a une valeur juridique

[ FR ]

Description

Titre : Capteur de gaz comportant une source de lumière impulsionnelle

DOMAINE TECHNIQUE

Le domaine technique de l'invention est l'analyse d'un gaz, en mettant en oeuvre une source de lumière de type corps noir ou corps gris et en mesurant une absorption d'une onde lumineuse émise par la source de lumière. L'invention concerne plus spécifiquement la source de lumière, et notamment la façon de la piloter.

ART ANTERIEUR

Le recours à des méthodes optiques pour l'analyse d'un gaz est fréquent. Des capteurs permettent de déterminer la composition d'un gaz en se basant sur le fait que les espèces composant le gaz présentent des propriétés spectrales d'absorption différentes les unes des autres. Ainsi, connaissant une bande spectrale d'absorption d'une espèce gazeuse, sa concentration peut être déterminée par une estimation de l'absorption de la lumière traversant le gaz, en utilisant la loi de Beer-Lambert. Ce principe permet une estimation de la concentration d'une espèce gazeuse présente dans le gaz.

Selon les procédés les plus courants, le gaz analysé s'étend entre une source de lumière et un photodétecteur, dit photodétecteur de mesure, ce dernier étant destiné à mesurer une onde lumineuse transmise par le gaz à analyser, l'onde lumineuse étant partiellement absorbée par ce dernier. La source de lumière est usuellement une source émettant dans l'infrarouge, la méthode utilisée étant usuellement désignée par le terme anglosaxon "NDIR détection", l'acronyme NDIR signifiant Non Dispersive Infra-Red. Un tel principe a été fréquemment mis en oeuvre, et est par exemple décrit dans les documents US5026992, W02007064370.

La comparaison entre l'onde lumineuse en présence de gaz et l'onde lumineuse sans gaz permet de caractériser l'absorption du gaz. Il s'agit par exemple de déterminer une quantité d'une espèce gazeuse dans le gaz, selon la technologie désignée par le terme "NDIR par absorption".

Généralement, la source de lumière est une source impulsionnelle. Le photodétecteur de mesure délivre, à chaque impulsion, un signal dépendant de l'intensité de l'onde lumineuse transmise par le gaz. Le signal issu du photodétecteur est donc formé d'impulsions, dont l'amplitude dépend de l'absorption, par le gaz, de l'onde lumineuse émise par la source de

lumière. Plus l'absorption est importante, plus l'amplitude est faible. Une mesure de l'amplitude des impulsions permet d'estimer l'absorption, cette dernière étant corrélée à la quantité de l'espèce gazeuse à laquelle l'a bsorption est attribuée. Ainsi, la mesure de l'amplitude permet d'évaluer la quantité de l'espèce gazeuse que l'on souhaite déterminer. Le signal délivré par le photodétecteur comporte des minima, en dehors des impulsions de la source de lumière, et des maximas, résultant d'une impulsion de la source de lumière. La mesure de l'amplitude peut être réalisée par une comparaison des maximas et des minimas, ou par une analyse spectrale du signal délivré par le photodétecteur.

Les impulsions de la source de lumière sont usuellement générées selon une fréquence de l'ordre du Hz. Lorsqu'un capteur est utilisé selon une longue période, par exemple plusieurs mois consécutifs, la source de lumière subit un vieillissement, ce qui se traduit par une diminution de l'amplitude des impulsions de l'onde lumineuse émise. C'est la raison pour laquelle certains dispositifs disposent d'un photodétecteur de référence, pour mesurer une amplitude de chaque impulsion dans une bande spectrale considérée comme étant non absorbée par le gaz. Le photodétecteur de référence peut également être tel qu'aucun gaz ne s'étend entre la source de lumière et le photodétecteur de référence. Le recours à un photodétecteur de référence permet d'estimer l'onde lumineuse qui atteindrait le photodétecteur sans être absorbée, tout en tenant compte d'une décroissance progressive de l'amplitude des impulsions de la source de lumière. Cela est par exemple décrit dans WO2018149799 ou dans WO2018162848.

L'inventeur propose de perfectionner les dispositifs actuels, de façon à retarder le vieillissement de la source de lumière et/ou à faciliter une éventuelle analyse spectrale réalisée sur les signaux résultant du photodétecteur.

EXPOSE DE L'INVENTION

Un premier objet de l’invention est un procédé de mesure d’une quantité d’une espèce gazeuse présente dans un gaz, l’espèce gazeuse étant apte à absorber une lumière dans une bande spectrale d’absorption le procédé comportant les étapes suivantes :

a) disposition du gaz entre une source de lumière et un photodétecteur de mesure, la source de lumière étant apte à émettre une onde lumineuse, se propageant à travers le gaz vers le photodétecteur de mesure;

b) activation de la source de lumière pour illuminer le gaz, de façon que la source de lumière émette une impulsion lumineuse ;

c) mesure, par le photodétecteur de mesure, d'une intensité, dite intensité de mesure, d'une onde lumineuse transmise par le gaz au cours de son illumination, dans une bande spectrale de mesure, comportant la bande spectrale d'absorption;

le procédé étant caractérisé en ce que l'étape b) comprend une alimentation de la source de lumière par un signal d'activation impulsionnel, le signal d'activation comportant des impulsions électriques, chaque impulsion électrique s'étendant entre un instant initial et un instant final, et chaque impulsion électrique comportant :

une période initiale, s'étendant selon une durée initiale à partir de l'instant initial, au cours de laquelle le signal d'activation est porté à un niveau initial;

une période nominale, postérieure à la période initiale, au cours de laquelle le signal d'activation est maintenu à un niveau nominal strictement inférieur au niveau initial, la période nominale ayant une durée nominale supérieure à la durée initiale.

La durée initiale peut être comprise entre 2 et 20 ms, et de préférence entre 5 ms et 15 ms. La durée nominale peut être comprise entre 20 ms et 150 ms et de préférence entre 50 ms et 100 ms.

La période nominale est consécutive de la période initiale : la fin de la période initiale correspond au début de la période nominale.

Selon un mode de réalisation, lors de la période initiale, le signal d'activation est maintenu au niveau initial durant la durée initiale.

Selon un mode de réalisation, la période nominale s'étend jusqu'à l'instant final.

Selon un mode de réalisation, la période nominale est suivie d'une période finale, au cours de laquelle le signal d'activation décroît, en dessous du niveau nominal, durant une durée finale, jusqu'à l'instant final. La durée finale peut être supérieure à la durée initiale. La durée finale peut être inférieure à la durée nominale. Selon ce mode de réalisation, la fin de la période nominale correspond au début de la période finale.

Au cours de la période finale, le signal d'activation peut décroître progressivement jusqu'à l'instant final, par exemple selon une fonction continue, par exemple linéaire ou sinusoïdale.

La durée finale peut être comprise entre 10 ms et 100 ms, et de préférence entre 20 ms et 50 ms.

Un deuxième objet de l'invention est un capteur pour déterminer une quantité d'une espèce gazeuse dans un gaz, le capteur comportant :

une source de lumière, configurée pour émettre une onde lumineuse se propageant vers le gaz, l'onde lumineuse s'étendant dans une bande spectrale d'a bsorption de l'espèce gazeuse;

un photodétecteur de mesure, apte à détecter une onde lumineuse transmise par le gaz, à différents instants de mesure, dans une bande spectrale de mesure et à en mesurer une intensité, dite intensité de mesure;

un générateur d'impulsion, configuré pour adresser un signal d'activation à la source de lumière, le signal d'activation étant formé d'impulsions, chaque impulsion comportant : une période initiale, s'étendant selon une durée initiale à partir de l'instant initial, au cours de laquelle le signal d'activation est porté à un niveau initial ; une période nominale, postérieure à la période initiale, au cours de laquelle le signal d'activation est maintenu à un niveau nominal strictement inférieur au niveau initial, la période nominale ayant une durée nominale supérieure à la durée initiale.

Selon un mode de réalisation, le capteur comporte :

un photodétecteur de référence, configuré pour mesurer une intensité, dite intensité de référence, d'une onde lumineuse de référence émise par la source de lumière, dans une bande spectrale de référence, aux différents instants de mesure.

Selon un mode de réalisation,

la durée initiale est comprise entre 2 et 20 ms, et de préférence entre 5 ms et 15 ms ; et/ou la durée nominale est comprise entre 20 ms et 150 ms et de préférence entre 50 ms et 100 ms.

Selon un mode de réalisation, le générateur d'impulsions est configuré de telle sorte que chaque impulsion comporte une période finale, au cours de laquelle le signal d'activation décroît, en dessous du niveau nominal, durant une durée finale, jusqu'à l'instant final. La durée finale peut être comprise entre 10 ms et 100 ms, et de préférence entre 20 ms et 50 ms

D'autres avantages et caractéristiques ressortiront plus clairement de la description qui va suivre de modes particuliers de réalisation de l'invention, donnés à titre d'exemples non limitatifs, et représentés sur les figures listées ci-dessous.

FIGURES

La figure IA représente un exemple de dispositif permettant la mise en oeuvre de l'invention.

La figure IB schématise un spectre d'émission d'une source de lumière de type corps noir.

La figure 2A représente des impulsions électriques formant un signal d'activation selon l'art antérieur.

La figure 2B montre la forme d'impulsions lumineuses émises par une source de lumière alimentée par des impulsions électriques selon l'art antérieur, dans une plage temporelle représentée par une accolade sur la figure 2A.

La figure 2C montre la forme d'impulsions lumineuses détectées par un photodétecteur exposé à une source de lumière alimentée par un signal d'activation selon l'art antérieur

La figure 2D montre la forme d'impulsions lumineuses détectées par un photodétecteur exposé à une source de lumière alimentée par un signal d'activation selon un mode de réalisation de l'invention.

La figure 3A schématise une impulsion électrique formant le signal d'activation, selon un premier mode de réalisation.

La figure 3B illustre une impulsion lumineuse générée par une source de lumière soumise à une impulsion électrique telle que représentée sur la figure 3A.

La figure 3C est un zoom de la figure 3B.

La figure 4 schématise une impulsion électrique formant le signal d'activation, selon un deuxième mode de réalisation.

La figure 5A est un enregistrement montrant une onde lumineuse émise par une source de lumière activée par un signal d'activation respectivement selon l'art antérieur et selon le deuxième mode de réalisation.

La figure 5B est un enregistrement montrant une onde lumineuse émise par une source de lumière activée par un signal d'activation respectivement selon l'art antérieur et selon le deuxième mode de réalisation.

La figure 6A montre un signal issu du photodétecteur d'un capteur de gaz.

La figure 6B est une analyse fréquentielle de la figure 6A.

EXPOSE DE MODES DE REALISATION PARTICULIERS

La figure IA est un exemple d'un dispositif d'analyse 1 de gaz. Ce dispositif comporte une enceinte 5 définissant un espace interne à l'intérieur duquel se trouvent :

une source de lumière 11, apte à émettre une onde lumineuse 12, dite onde lumineuse incidente, de façon à illuminer un gaz G s'étendant dans l'espace interne. L’onde lumineuse incidente 12 s'étend selon une bande spectrale d'illumination D .

un photodétecteur 20, dit photodétecteur de mesure, configuré pour détecter une onde lumineuse 14 transmise par le gaz G, sous l'effet de l’illumination de ce dernier par

l'onde lumineuse incidente 12. L'onde lumineuse 14 est désignée par le terme onde lumineuse de mesure. Elle est détectée, par le photodétecteur de mesure 20, dans une bande spectrale de mesure D20.

un photodétecteur de référence 20ref, configuré pour détecter une onde lumineuse 12ref, dite de référence dans une bande spectrale de référence Aref. La bande spectrale de référence Aref est une bande spectrale dans laquelle on considère que l'absorption de l'onde lumineuse 12 par le gaz G est négligeable. La bande spectrale de référence Aref est différente de la bande spectrale de mesure D20. Le photodétecteur de référence est optionnel.

Le gaz G comporte une espèce gazeuse Gx dont on cherche à déterminer une quantité cx(k) , par exemple une concentration, à un instant de mesure k. Cette espèce gazeuse absorbe une part mesurable de la lumière dans une bande spectrale d'absorption Dc.

La source de lumière 11 est apte à émettre l'onde lumineuse incidente 12, selon la bande spectrale d'illumination D12, cette dernière pouvant s'étendre entre le proche ultraviolet et l'infrarouge moyen, par exemple entre 200 nm et 10 pm, et le plus souvent entre 1 pm et 10 pm. La bande spectrale d’absorption Dc de l’espèce gazeuse Gx analysée est comprise dans la bande spectrale d’illumination D12. La source de lumière 11 est une source impulsionnelle, l’onde lumineuse incidente 12 étant une impulsion de durée généralement comprise entre 100 ms et 1 s. La source de lumière 11 peut notamment être une source de lumière de type filament suspendu et chauffé à une température comprise entre 400°C et 800°C. Son spectre d’émission, dans la bande spectrale d’émission D12, correspond au spectre d’émission d’un corps noir.

Le photodétecteur de mesure 20 est de préférence associé à un filtre optique 18, définissant la bande spectrale de mesure D20 englobant tout ou partie de la bande spectrale d’absorption Dc de l’espèce gazeuse.

Dans l’exemple considéré, le photodétecteur de mesure 20 est une thermopile, apte à délivrer un signal dépendant de l’intensité de l’onde lumineuse détectée. De façon alternative, le photodétecteur de mesure peut être une photodiode ou un autre type de photodétecteur.

Le photodétecteur de référence 20ref est disposé à côté du photodétecteur de mesure 20 et est de même type que ce dernier. Il est associé à un filtre optique, dit filtre optique de référence 18ref. Le filtre optique de référence 18ref définit la bande spectrale de référence Aref correspondant à une plage de longueurs d’onde non absorbées par l’espèce gazeuse considérée.

La bande passante de référence Aref est par exemple centrée autour de la longueur d'onde 3.91 pm.

L'intensité I20(k ) de l'onde lumineuse 14 détectée par le photodétecteur de mesure 20, dite intensité de mesure, à un instant de mesure k, dépend de la quantité cx(k) à l'instant de mesure, selon la relation de Beer Lambert :

où :

est un coefficient d'absorption, dépendant de la quantité cx(k ) à l'instant /c;

- 1 est l'épaisseur de gaz traversé par l'onde lumineuse dans l'enceinte 5;

est l'intensité de l'onde lumineuse incidente, à l'instant k, qui correspond à

l'intensité de l'onde lumineuse, dans la bande spectrale de mesure D20, atteignant le photodétecteur de mesure 20 en l'absence de gaz absorbant dans l'enceinte 5.

La comparaison entre prenant la forme d'un ratio permet de définir

l'absorption abs(k ) générée par l'espèce gazeuse considérée à l'instant k.

Le dispositif comporte une unité de traitement 30, par exemple un microprocesseur, relié à une mémoire 32. L'unité de traitement reçoit les signaux respectivement détectés par le photodétecteur de mesure 20 et le photodétecteur de référence 20ref pour déterminer la quantité d'analyte cx(k) à chaque instant de mesure k.

Lors de chaque impulsion de la source de lumière 11, on peut ainsi déterminer p(cx(/c)) ce qui permet d'estimer cx(k) sachant que la relation entre est connue.


L'expression (1) suppose une maîtrise de l'intensité de l'onde lumineuse incidente 12 à

l'instant de mesure k. Cette intensité est déterminée à partir de l'intensité lumineuse détectée par le photodétecteur de référence.

Comme précédemment indiqué, la source de lumière est impulsionnelle. L'instant de mesure k est un instant correspondant à une impulsion lumineuse. Ainsi, à différentes impulsions lumineuses correspondent respectivement différents instants de mesure.

La figure IB schématise un spectre d'émission d'une source de lumière de type corps noir, obéissant à la loi de Planck :

L(X, Temp) est la luminance, dépendant de la longueur d'onde l et de la température de surface Temp du corps noir,

h est la constante de Planck,

B est la constante de Boltzmann,

c est la vitesse de la lumière dans l'air.

Le spectre d'illumination S de la source de lumière 11 correspond à l'évolution de la luminance LQ l, Temp ) en fonction de l, lorsque la source de lumière est portée à une température Temp. Généralement, la température est comprise entre 400°C et 800 °C.

La source de lumière 11 est commandée par un générateur d'impulsions électriques 10, qui délivre un signal d'activation de la source de lumière. Le signal d'activation V est un signal électrique alimentant la source de lumière 11. Il est formé d'impulsions électriques impv, chaque impulsion électrique engendrant une émission d'une impulsion lumineuse impi par la source de lumière. Le niveau du signal d'activation commande l'amplitude de chaque impulsion lumineuse délivrée par la source de lumière. Par niveau, on entend un niveau d'intensité ou un niveau de tension du signal d'activation. Dans la suite du texte, on considère que le signal d'activation commande une tension aux bornes de la source de lumière. Alternativement, il pourrait s'agir d'une intensité du signal d'activation alimentant la source de lumière.

La figure 2A représente une évolution temporelle V(t) d'un signal d'activation V selon l'art antérieur. Le signal d'activation comporte des impulsions électriques impv s'étendant selon une durée At constante. Le signal d'activation V prend la forme d'une fonction temporelle discontinue, formée de créneaux réguliers. On remarque que chaque créneau est obtenu en portant le signal d'activation à un niveau nominal VN, sensiblement constant, durant la durée de l'impulsion électrique. Par sensiblement constant, on entend prenant une même valeur aux fluctuations statistiques près, et par exemple à ± 5% ou ± 10% près.

Les inventeurs ont alimenté une source de lumière 11, telle que précédemment décrite, avec un signal d'activation V formé de créneaux réguliers, tels que représentés sur la figure 2A. Ils ont exposé une photodiode à la lumière générée par la source de lumière. La figure 2B montre l'évolution temporelle du signal Vout(t) délivré par la photodiode, normalisée par rapport à sa valeur maximale. Sur la figure 2B, on a représenté le signal délivré par la photodiode durant un intervalle temporel matérialisé par une accolade sur la figure 2A. Il est à noter que pour réaliser cet essai, les inventeurs ont utilisé une photodiode en raison du faible temps de réponse de ce type de photodétecteur par rapport à celui de la source de lumière. Aussi, le signal Vout peut être considéré comme représentatif de l'intensité I de l'onde lumineuse 12 produite par la source de lumière.

La durée At des impulsions électriques du signal V d'activation de la source de lumière 11 était de 260 ms. Le niveau nominal VN était de 1100 mV. On a schématisé, par des pointillés noirs, l'évolution temporelle V du signal d'activation normalisé par sa valeur maximale.

On observe que l'intensité I de l'onde lumineuse émise par la source de lumière prend la forme d'une impulsion lumineuse impi ce qui était attendu. Cependant, on observe également que l'impulsion lumineuse impi subit une latence par rapport à l'impulsion électrique impv Cela se traduit par un décalage temporel entre l'impulsion électrique du signal d'activation, et l'impulsion lumineuse de la source de lumière 11. Le décalage temporel se manifeste :

au début de chaque impulsion électrique impv par un temps de montée tr de l'impulsion lumineuse impi induisant un retard, lors de la montée, de l'impulsion lumineuse par rapport à l'impulsion électrique impv. Le temps de montée est, dans cet exemple, supérieur à 40 ms. Le temps de montée est usuellement désigné par le terme anglais "rise time".

à la fin de chaque impulsion électrique, par un temps de descente td de l'impulsion lumineuse impi induisant un retard, lors de la descente, de l'impulsion lumineuse par rapport à l'impulsion électrique. Le temps de descente est dans cet exemple de l'ordre de 40 ms.

Du fait de l'existence du temps de montée et du temps de descente, chaque impulsion lumineuse impi prend une forme telle que celles schématisées sur la figure 2C. Il apparaît que le niveau maximal lmax de chaque impulsion lumineuse est retardé par rapport au début de l'impulsion électrique, du fait de l'existence du temps de montée tr. Par ailleurs, du fait de l'existence du temps de descente td, chaque impulsion lumineuse décroît selon une forme temporelle suivant une équation de type e t/T, où t est une constante de temps dépendant du temps de descente td.

Comme on peut le constater sur la figure 2C, chaque impulsion lumineuse ne se traduit pas, au niveau du signal mesuré par le photodétecteur, par une forme sinusoïdale, qu'il s'agisse du photodétecteur de mesure 20 ou du photodétecteur de référence 20ref. De ce fait, lorsque le signal mesuré par le photodétecteur de mesure 20 (ou du photodétecteur de référence 20ref) subit une analyse fréquentielle, il est nécessaire de disposer un filtre, par exemple un filtre analogique, entre le photodétecteur et l'unité de traitement 30. Le filtre permet une mise en forme du signal mesuré, de façon à le rendre sinusoïdal, comme représenté sur la figure 2D.

L'objectif de l'invention est de modifier la forme de chaque impulsion électrique du signal d'activation, afin d'ajuster la forme de chaque impulsion lumineuse émise par la source de lumière en évitant l'usage d'un filtre analogique.

Selon un premier mode de réalisation, on cherche à réduire le temps de montée tr de chaque impulsion lumineuse, de façon à pouvoir réduire la durée de chaque impulsion lumineuse. Selon un deuxième mode de réalisation, on cherche à adapter la forme de l’onde lumineuse lors de sa décroissance, de façon à faciliter le traitement du signal résultant du photodétecteur de mesure 20, et de l’éventuel photodétecteur de référence 20ref.

Comme précédemment évoqué, chaque instant de mesure k est de préférence choisi de façon à correspondre à une intensité maximale lmax de chaque impulsion lumineuse. Plus le temps de montée tr augmente, plus l’instant de mesure doit être décalé par rapport au début d’une impulsion électrique du signal d'activation V. Le décalage permet que l'instant de mesure corresponde à un instant auquel l'impulsion lumineuse est à son maximum.

Afin de réduire le temps de montée tr de l'impulsion lumineuse, les inventeurs proposent de moduler l'amplitude de chaque impulsion électrique formant le signal d'activation V commandant la source de lumière 11. Cela constitue le premier mode de réalisation de l'invention, décrit en lien avec les figures 3A à 3C.

La figure 3A représente un exemple d'impulsion électrique dont la forme permet une réduction du temps de montée tr de l'impulsion lumineuse. L'impulsion électrique s'étend entre un instant initial t, et un instant final tf. Entre l'instant initial t, et un premier instant ti, le signal d'activation V est porté à un niveau initial V,, et cela durant une période initiale T, s'étendant selon une durée initiale Dΐ,. De préférence, durant la période initiale Tj, le signal d'activation est maintenu au niveau initial V,, ou sensiblement autour de ce niveau. On rappelle que le terme sensiblement signifie aux fluctuations statistiques près, et de préférence selon une variation inférieure à ±5% ou ±10%.

A l'issue de la période initiale T,, le signal d'activation est porté à un niveau nominal VN, durant une période nominale TN s'étendant selon une durée nominale AtN. Le niveau nominal correspond à un niveau usuel d'alimentation de la source de lumière. La période nominale TN s'étend entre le premier instant ti et un deuxième instant t2. Dans le mode de réalisation

représenté sur la figure 3A, le deuxième instant t2 est confondu avec l'instant final tf. Le niveau nominal VN est inférieur au niveau initial V,. Le niveau initial V, est de préférence supérieur d'au moins 10%, voire au moins 15% ou 20%, au niveau nominal VN. De préférence, la durée nominale DΪN est supérieure à la durée initiale Dΐ,. Par exemple, la durée nominale DΪN est au moins 1.5 fois supérieure à la durée initiale Dΐ,. A l'issue de la période nominale TN, le signal d'activation est ramené à une valeur nulle ou à une valeur minimale. Selon cet exemple, la fin de la durée nominale DΪN coïncide avec l'instant final tf, mais cela n'est pas impératif. Aussi, selon une variante, le signal d'activation décroît après le deuxième instant t2, jusqu'à l'instant final tf. La décroissance correspond à une période finale Tf, s'étendant entre le deuxième instant t2 et l'instant final tf.

D'une façon générale, la durée initiale Dΐ, est inférieure à la durée nominale DΐN.

La durée initiale At. est de préférence comprise entre 2 ms et 20 ms, et de préférence entre 5 ms et 15 ms. La durée nominale DΐN est de préférence comprise entre 20 ms et 150 ms, et de préférence entre 50 ms et 100 ms.

Selon l'exemple représenté sur la figure 3A, la durée Dΐ de chaque impulsion électrique correspond à la somme de la durée initiale Dΐ, et de la durée nominale DΪN.

Sur la figure 3B, on a représenté des évolutions temporelles de signaux Vout mesurés par une photodiode exposée à une source de lumière 11 de type filament. La source de lumière 11 est activée par un courant d'activation V impulsionnel, formé d'impulsions électriques telles que celle schématisée sur la figure 3A. Le niveau initial V, et le niveau nominal VN sont respectivement égaux à 2000 mV et 1100 mV dans l'exemple représenté. L'instant initial est t, = 0 ms. La durée totale Dΐ de chaque impulsion électrique est égale à 260 ms. Différentes durées initiales Dΐ, ont été testées : 0 ms (ce qui correspond à l'art antérieur) ; 3 ms ; 5 ms ; 7 ms ; 10 ms ; 12 ms. Chaque durée initiale Dΐ, a été reportée sur la figure 3B. La durée nominale DΪN de la période nominale TN a été ajustée de telle sorte que la durée totale de chaque impulsion lumineuse soit égale à 260 ms.

On rappelle que du fait du temps de réponse négligeable d'une photodiode, les impulsions représentées sur la figure 3B sont représentatives des impulsions lumineuses émises par la source de lumière en réponse à chaque impulsion électrique du signal d'activation.

La valeur de 1000 mV correspond à l'intensité maximale lmax de l'onde lumineuse émise selon la configuration de l'art antérieur. La figure 3C correspond à un détail de la figure 3B sur les 100 premières millisecondes à partir de l'instant initial t,. On remarque que lorsque la durée initiale At, est faible (0 ms ; 3 ms ; 5 ms), l'impulsion lumineuse subit un certain retard par rapport à l'instant initial t,. Le retard peut être de 80 ms (At, = 0 ms), ou proche de 60 ms (At, = 3 ms, At, = 5 ms). Le retard correspond au temps de montée tr, c'est-à-dire au retard, par rapport à l'instant initial t,, avec lequel l'onde lumineuse atteint le niveau maximal Lax. Lorsque la durée initiale At, atteint 10 ms ou 12 ms, le temps de montée tr de l'impulsion lumineuse est faible. Cependant, durant les 40 premières millisecondes, l'impulsion lumineuse forme un pic d'intensité, usuellement désigné par le terme anglosaxon "overshoot", au-dessus d'une intensité nominale de la source de lumière. Ce pic d'intensité est indésirable, car il peut induire un vieillissement prématuré de la source de lumière. Compte tenu du niveau initial et du niveau nominal sélectionnés (V, = 1100 mV - VN = 2000 mV), la durée initiale At, de 7 ms est optimale : le temps de montée tr est inférieur à 20 ms, et l'évolution de l'intensité lumineuse, durant le temps de montée, est monotone : elle croît progressivement vers le niveau maximal Lax. La valeur du niveau nominal VN est à choisir en fonction de la valeur du niveau initial V, : plus l'écart entre VN et Vi est élevé, plus la durée initiale At, peut être réduite.

L'homme du métier pourra tester différentes valeurs de V,, At, , voire VN, de façon à obtenir, au niveau du photodétecteur, une forme d'impulsion considérée comme optimale. Il pourra tenir compte du fait que des valeurs trop élevées de V, peuvent augmenter significativement la consommation électrique. En considérant une telle durée initiale At,, le niveau maximal Lax est plus rapidement atteint que selon l'art antérieur. Cela permet de réduire la durée de chaque impulsion lumineuse, car chaque instant de mesure k peut être rapproché de l'instant initial de chaque impulsion. En effet, l'instant de mesure est un instant auquel l'impulsion lumineuse a atteint l'intensité maximale Lax. En réduisant le temps de montée tr de l'impulsion lumineuse, l'intensité maximale Lax est plus rapidement atteinte. L'instant final tf de l'impulsion peut être choisi quelques ms ou dizaines de ms après l'atteinte de l'intensité maximale Lax· Il en résulte une réduction de la durée totale de l'impulsion lumineuse. Or, en réduisant la durée de l'impulsion lumineuse, on retarde le vieillissement de la source de lumière 11. Dans l'exemple représenté sur la figure 3B, les inventeurs estiment que la durée de l'impulsion lumineuse peut être réduite à 150 ms.

Selon un autre mode de réalisation, pouvant être mis en oeuvre simultanément au premier mode de réalisation ou indépendamment de ce dernier, on cherche principalement à optimiser la forme de l'impulsion lumineuse durant sa décroissance. Selon ce deuxième mode de

réalisation, on peut également chercher à réduire le temps de montée tr. Selon ce mode de réalisation, comme représenté sur la figure 4, à l'issue de la période nominale TN, c'est-à-dire après le deuxième instant t , l'impulsion électrique impv décroît progressivement jusqu'à l'instant final tf. La période délimitée par le deuxième instant t et l'instant final tf est une période finale Tf. Sur l'exemple représenté sur la figure 4, l'impulsion électrique comporte une période initiale Dΐ, telle que décrite en lien avec le premier mode de réalisation. La période nominale TN s'achève à un deuxième instant t . A la suite de la période nominale TN s'étend la période finale Tf, au cours de laquelle le signal d'activation décroît progressivement.

De préférence, la durée Atf de la période finale Tf est inférieure à la durée DΪN de la période nominale TN, en étant par exemple au moins 1.5 fois inférieure ou au moins 2 fois inférieure à la durée DΪN de la période nominale TN. De préférence, la durée de la période finale Atf est supérieure à la durée de la période initiale Dΐ,. La durée Atf de la période finale Tf peut être comprise entre 10 ms et 100 ms, et de préférence entre 20 ms et 50 ms. Durant la période finale Tf, le signal d'activation est inférieur au niveau nominal VN, et a fortiori inférieur au niveau initial V,.

Selon l'exemple représenté sur la figure 4, la durée Dΐ de chaque impulsion électrique correspond à la somme de la durée initiale Dΐ,, de la durée nominale DΪN et de la durée finale Atf.

De préférence, au cours de la période finale Tf, la décroissance du signal d'activation suit une fonction décroissante monotone, par exemple, et avantageusement, une fonction sinusoïdale.

Selon ce mode de réalisation, l'impulsion lumineuse impi décroît de façon sensiblement sinusoïdale, comme représenté sur la figure 2D.

L'impulsion électrique impv représentée sur la figure 4 comporte une période initiale T,, telle que décrite en lien avec les figures 3A à 3C.

Selon une variante, l'impulsion ne comporte pas de période initiale T. L'instant initial t, est alors confondu avec le premier instant ti de la période nominale TN.

Quel que soit le mode de réalisation, chaque impulsion électrique du signal d'activation V peut comporter les paramètres suivants :

durée Dΐ, de la période initiale T;

niveau V, du signal d'activation durant la période initiale T,;

durée DΐN de la période nominale TN;

niveau VN du signal d'activation durant la période nominale TN;

durée Atf de la période finale Tf;

fonction suivie par le signal d'activation durant la période finale Tf.

Ces paramètres peuvent être déterminés au cas par cas, en fonction de l'effet technique recherché : diminution du temps de montée tr de l'impulsion lumineuse et/ou optimisation de la décroissance de l'onde lumineuse. La détermination des paramètres peut par exemple être effectuée en actionnant la source de lumière et en observant l'évolution du signal détecté par un photodétecteur. Ce dernier peut être le photodétecteur de mesure 20 utilisé par le capteur, ou un photodétecteur spécifique, par exemple une photodiode, utilisé à des fins d'ajustement des paramètres de mise en forme des impulsions électriques formant le signal d'activation. La consommation électrique de la source de lumière peut également être prise en compte.

Les figures 5A et 5B sont des captures d'écrans d'oscilloscope. Sur chacune de ces figures, on a représenté une impulsion électrique impv formant le signal d'activation V d'une source de lumière de type filament. On a également représenté l'évolution temporelle d'un signal Vout généré par un photodétecteur, exposé à l'onde lumineuse produite par la source de lumière. Le photodétecteur est représentatif du photodétecteur de mesure 20 ou du photodétecteur de référence 20ref.

La figure 5A montre une configuration selon l'art antérieur, le signal d'activation V formant une impulsion électrique impv en forme de créneau. La figure 5B montre une configuration selon l'invention, le signal d'activation V étant tel que décrit en lien avec la figure 4. On observe le niveau initial V, durant la période initiale T,, le niveau nominal VN durant la période nominale TN, ainsi que la décroissance du signal d'activation, selon une forme sinusoïdale, durant la période finale Tf. Sur la figure 5B, le paramétrage de l'impulsion du signal d'activation permet d'obtenir un signal émis par le photodétecteur dont la forme est proche d'une sinusoïde. Comme précédemment indiqué, une telle forme est adaptée lorsqu'on effectue une analyse spectrale du signal résultant du photodétecteur de mesure 20.

La figure 6A montre le signal issu d'un photodétecteur de mesure 20, de type thermopile, d'un capteur de gaz tel que représenté sur la figure IA. Le photodétecteur de mesure 20 a été exposé à une onde lumineuse générée par une source de lumière 11. La source de lumière 11 a été activée par un signal d'activation tel que décrit sur la figure 4. Les paramètres de l'impulsion sont, dans cet exemple, sont les suivants :

durée Dΐ, de la période initiale T, = 8 ms ;

niveau V, du signal d'activation durant la période initiale T, = 1.3 V ;

durée DΪN de la période nominale TN = 1.9 V ;

niveau VN du signal d'activation durant la période nominale TN = 45 ms ;

durée Atf de la période finale Tf = 35 ms.

fonction suivie au cours de la période finale Tf : fonction sinusoïdale

Le signal issu du photodétecteur de mesure 20 montre trois impulsions, correspondant à trois impulsions lumineuses générées par la source de lumière.

Le signal résultant du photodétecteur a fait l'objet d'une analyse fréquentielle, après application d'une transformée de Fourier rapide, de façon à obtenir une puissance spectrale correspondant à différentes fréquences. La figure 6B représente montre la puissance spectrale (axe des ordonnées) en fonction de la fréquence (axe des abscisses). On observe un pic à une fréquence voisine de 7 Hz.

Ce mode de réalisation permet de limiter le vieillissement de la source, car il permet de réduire la durée DΪN de la période nominale TN. Les inventeurs estiment que ce mode de réalisation permet de réduire la durée de la période nominale de 260 ms à 45 ms.

Des essais ont été menés durant une semaine, en utilisant un capteur mettant en oeuvre l'invention (deuxième mode de réalisation) et un capteur de l'art antérieur, dans lequel la source de lumière est alimentée selon des créneaux réguliers, tels que représentés sur la figure 2A. Sur chaque capteur, la cadence des impulsions lumineuses était de 1 impulsion par seconde. Sur chaque capteur, on a déterminé le vieillissement de la source de lumière. Ce dernier est déterminé en évaluant la décroissance l'intensité maximale de chaque impulsion. On a observé une réduction du vieillissement de la source de 3.3 % avec le dispositif de l'art antérieur, contre 0.1% en mettant en oeuvre l'invention.

Ainsi, le paramétrage du signal d'activation V selon l'invention peut :

privilégier un temps de montée rapide de l'onde lumineuse, comme exposé en lien avec les figures 3A à 3C, de façon à pouvoir réduire la durée de chaque impulsion lumineuse : cela permet de ralentir le vieillissement de la source;

et/ou privilégier une forme sinusoïdale de l'onde lumineuse, comme exposé en lien avec les figures 4, 5A et 5B, de façon que le signal résultant du photodétecteur de mesure, et de l'éventuel photodétecteur de référence, puisse faire l'objet d'une analyse spectrale, sans nécessiter le recours à un filtre de mise en forme du signal. Notons que cela peut également supposer une réduction du temps de montée de l'impulsion lumineuse, ce qui contribue également à ralentir le vieillissement de la source.

L'invention pourra être mise en oeuvre pour le pilotage de sources de lumière équipant des capteurs de gaz, pour des usages de type contrôle de pollution atmosphérique, agroalimentaire, contrôle de procédés industriels, contrôle de gaz de combustion...