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1. WO2008003838 - PROCEDE DE COULEE CONTINUE DE PRODUITS METALLIQUES PLATS A BRASSAGE ELECTROMAGNETIQUE ET INSTALLATION DE MISE EN ŒUVRE

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PROCEDE DE COULEE CONTINUE DE PRODUITS METALLIQUES PLATS A BRASSAGE ELECTROMAGNETIQUE ET INSTALLATION DE

MISE EN ŒUVRE

La présente invention se situe dans le domaine de la coulée continue des métaux, notamment de l'acier. Elle concerne plus particulièrement la coulée continue de produits plats: brames et autres produits similaires à section droite allongée, au cours de laquelle on met en oeuvre des champs magnétiques mobiles agissant sur le métal coulé en fusion pour améliorer la qualité du produit coulé obtenu et/ou les conditions ou les performances du processus de coulée lui-même.
On rappelle brièvement que l'opération de coulée continue consiste à verser un métal en fusion par le haut dans une lingotière sans fond essentiellement constituée d'un corps de lingotière métallique (en cuivre ou alliage de cuivre), généralement à plaques assemblées pour la coulée de produits plats, définissant un passage pour le métal coulé. Les parois sont énergiquement refroidies par circulation d'eau de manière à extraire en continu par le bas de cette lingotière un produit déjà solidifié extérieurement sur plusieurs millimètres d'épaisseur. La solidification progresse et s'achève ensuite de la périphérie jusqu'à l'axe du produit au cours de la descente de celui-ci en aval de la lingotière dans la zone dite de "refroidissement secondaire", zone dans laquelle le produit coulé, guidé par des rouleaux de soutien et de guidage (ci-après appelés rouleaux de soutien), est soumis à une aspersion d'eau pour assurer l'extraction calorifique nécessaire à sa solidification complète. Le produit solidifié ainsi obtenu est ensuite découpé à longueur, puis laminé avant expédition à la clientèle ou transformation sur place en plaques, tôles, etc.
Dans le cas de produits métalliques plats, de section droite allongée donc, appelés communément brames, il est déjà connu depuis longtemps de pratiquer un brassage électromagnétique du métal en fusion dans la zone de refroidissement secondaire de l'installation de coulée continue.
Schématiquement, le brassage électromagnétique consiste, comme on le sait, à soumettre la brame à un ou plusieurs champs magnétiques mobiles (c'est à dire de champs dont l'intensité maximale se déplace avec le temps dans une direction déterminée de l'espace) et dont l'action sur le métal en fusion se manifeste alors par un entraînement de ce dernier identique, en sens et direction, au déplacement du champ magnétique.
Dans le cas de la coulée de produits plats, on entraîne généralement le métal liquide à l'aide de champs magnétiques mobiles linéairement, dits glissants, dans un mouvement de translation horizontale parallèle aux grandes faces du produit.
Le champ magnétique glissant est créé par un inducteur linéaire polyphasé disposé aussi près que possible de la brame afin de maximiser le couplage électromagnétique avec celle-ci.
A cet effet, l'inducteur peut être monté soit derrière les rouleaux de soutien, solution appelée "box-type stirrer" ou "brasseur box-type", soit à l'intérieur d'un rouleau de soutien, rendu creux à cet effet, de la zone de refroidissement secondaire, solution appelée "ήi-roll stirrer" ou "rouleau-brasseur".
Les deux solutions coexistent sur le marché depuis le début des années 1980 et étaient utilisées dès l'origine pour améliorer la santé interne du métal coulé. Grâce au brassage en effet, une interruption de la croissance cristalline naturelle de type "dendritique" de l'extérieur vers et jusqu'au voisinage de l'axe du produit intervenait au profit du développement d'une structure de solidification non-orientée plus fine, dite "équiaxe". On obtenait ainsi une réduction de la porosité centrale et une diminution conjointe des macro-ségrégations axiales (voir le brevet européen 0 097 561). Cette amélioration de la santé interne était recherchée essentiellement pour des nuances d'aciers qui sont laminées à faible taux de corroyage pour devenir des tôles fortes.
II a été découvert que pour réaliser, dans la zone du refroidissement secondaire d'une machine de coulée de brames d'acier, un brassage optimal quant à la santé interne du produit obtenu, il convenait de brasser, non pas en une seule position localisée, mais au contraire au moins deux fois sur la hauteur métallurgique, c'est-à-dire de faire du brassage étage.
C'est ce que propose précisément l'EP 0 097 561 B2 précité, qui décrit un procédé de brassage électromagnétique de brames d'acier coulées en continu, selon lequel on fait agir une pluralité de champs magnétiques glissants produits par des paires de rouleaux-brasseurs étages sur la hauteur métallurgique en espaçant de 1 à 2 mètres la paire supérieure de la paire inférieure. Ainsi, sur la base d'un jeu de quatre rouleaux-brasseurs en tout, la paire de rouleaux-brasseurs la plus proche de la lingotière est située à environ 5 à 7 m sous la surface libre du métal liquide en lingotière et la seconde paire de rouleaux-brasseurs située le plus proche du fond du puits de solidification est placée à environ 4 à 6 m de ce fond. L'alimentation électrique des rouleaux est en outre réglée de sorte que le champ magnétique créé par la paire supérieure glisse dans un sens opposé de celui des champs magnétiques créés par la paire inférieure.
Conformément à cet enseignement, les rouleaux-brasseurs sont ainsi montés dans la région de la zone du refroidissement secondaire appelés segments inférieurs de la machine de coulée. Ils y sont substitués aux rouleaux de soutien normalement prévus à ces endroits et ont donc une géométrie, notamment un diamètre externe, identique, en tous cas approximativement identique, à celle des rouleaux voisins, qui dans cette zone du refroidissement secondaire ont typiquement un diamètre d'au moins 230 mm.
Le brassage étage est généralement réalisé avec des rouleaux-brasseurs, bien qu'en principe il pourrait être réalisé également avec deux brasseurs "box-type". Mais, ces derniers sont nettement plus chers, car ils demandent environ cinq fois plus de puis- sance électrique à cause de leur éloignement de la surface de la brame, de sorte que le brassage étage avec des inducteurs "box-type" aurait un coût prohibitif.
Cette technique de brassage électromagnétique dans la zone de refroidissement secondaire, pourtant très largement répandue de part le monde pour améliorer la qualité des tôles fortes, a été remplacée dans les années 1990 par une technique concurrente dite de la "réduction mécanique douce". Celle-ci s'assimile en fait à un laminage doux déjà dans la machine de coulée afin de forcer le rapprochement entre eux des fronts de solidification de chacune des grandes faces de la brame et réduire ainsi les porosités centrales et la ségrégation centrale plus efficacement qu'avec le brassage électromagné-tique.
Dès lors, le brassage électromagnétique dans la zone de refroidissement secondaire n'est pratiquement plus utilisé de nos jours que pour des aciers inoxydables et les aciers au silicium et ce avec un objectif métallurgique différent. Il existe en effet un problème propre à la coulée continue de ces nuances d'aciers pour lesquels on observe souvent sur les produits obtenus après laminage ou étirage des défauts de surface de type "roping" ou "ridging", qui se traduisent par un aspect de surface ondulée. Une telle surface est optiquement insatisfaisante pour les aciers inoxydables, et, pour les aciers au silicium, crée des défauts de compacité des empilements dans la réalisation des feuillards pour culasses de transformateurs ou de moteurs.
II est toutefois déjà connu que ce problème de "roping" et de "ridging" peut être éliminé si la brame présentait une structure de solidification dotée d'une très large fraction, c'est-à-dire d'au moins 50% environ, de type équiaxe. Théoriquement, on pourrait obtenir un tel résultat en coulant le métal avec une surchauffe extrêmement basse, mais en pratique, cela est impossible en coulée continue et nécessite donc du brassage électro-magnétique pour évacuer rapidement cette surchauffe.
Contrairement aux tôles fortes, pour lesquelles il fallait minimiser les porosités et ségrégations axiales, il s'agit ici de maximiser la largeur de la fraction de solidification de type équiaxe. C'est la raison pour laquelle le brassage doit être remonté vers le haut dans la zone de refroidissement secondaire pour se situer plus près de la lingotière dans le segment zéro de la machine de coulée.
On rappelle que le segment zéro est celui qui reçoit le produit coulé directement à la sortie des rouleaux de pied de la lingotière. Il définit une portion particulière de la hauteur métallurgique qui s'étend de la sortie de lingotière sur une distance de 3 à 4 m environ. Cette portion, formée par une batterie serrée de rouleaux de soutien de faible diamètre (typiquement de l'ordre de 150 mm) est considérée comme particulièrement critique par les constructeurs de machine de coulée. Elle l'est notamment pour ce qui concerne le faible espacement entre les génératrices de contact et la régularité du soutien mécanique de la brame, dont la peau de métal solidifiée, encore relativement peu épaisse, risque de gonfler dans l'espacement entre deux soutiens mécaniques successifs, car elle est soumise à une pression ferrostatique déjà élevée à cet endroit.

C'est donc pour ne pas modifier localement la régularité et le faible espacement de soutien de la brame dans le segment zéro que le brassage électromagnétique y est proposé au moyen d'inducteurs "box-type", placés derrière ces petits rouleaux de soutien, alors que l'implantation de rouleaux-brasseurs à diamètre sensiblement plus grand impliquerait une discontinuité dans l'espacement des rouleaux de soutien.
Toutefois, le brassage "box-type" requiert que toute structure métallique présente entre l'inducteur et la brame soit en acier amagnétique pour ne pas faire écran au champ magnétique agissant. Ceci implique la modification du segment zéro lorsqu'il s'agit d'implanter le brassage dans des machines existantes ou un segment zéro spécialement conçu, donc plus cher, lorsqu'il s'agit de machines neuves. En outre, malgré le faible diamètre de l'ordre de 150 mm des rouleaux de soutien dans le segment zéro, la distance entre la brame et l'inducteur "box-type" ne peut pas être réduite en dessous de 270 à 250 mm du fait de la structure mécanique derrière les rouleaux de soutien qui supporte les paliers intermédiaires de ces rouleaux. Comme on l'a déjà expliqué plus haut, cet éloignement imposé entre inducteur et produit coulé dégrade fortement le couplage électromagnétique entre les deux et nécessite en compensation une forte augmentation de la puissance électrique.
L'état de la technique pour aciers inoxydables et aciers au silicium est donc caractérisé par (i) le brassage localisé en segment zéro de la machine de coulée pour obtenir une largeur de zone équiaxe d'environ 50% et plus de l'épaisseur de la brame, (ii) l'utilisation d'inducteurs "box-type" derrière les petits rouleaux de soutien pour ne pas modifier localement le diamètre et la position de ceux-ci, (iii) par conséquent, la limitation à un brassage unique non étage pour des raisons de coût alors que le brassage étage donne de meilleures résultats, et (iv) l'impossibilité de faire varier la position du brasseur pour un segment zéro donné.
Le but de la présente invention est de proposer, pour la réalisation d'un brassage électromagnétique dans le segment zéro, une solution qui ne présente pas les inconvénients mentionnés ci-dessus.
A cet effet, la présente invention a pour objet un procédé de coulée continue de produits plats avec brassage électromagnétique par champ magnétique glissant selon la largeur des grandes faces du produit coulé et qui se caractérise en ce que, dans le but d'obtenir un produit coulé présentant une structure de solidification majoritairement équiaxe

(c'est-à-dire supérieure à 50 % de l'épaisseur de la brame), on effectue ledit brassage électromagnétique au niveau du segment zéro de la zone de refroidissement secondaire de la machine de coulée à l'aide d'au moins deux rouleaux-brasseurs insérés parmi des rouleaux de soutien de la batterie qui compose ledit segment et générant des champs magnétiques glissant dans le même sens.
Cette structure de solidification interne majoritairement équiaxe améliore le comportement du métal pendant le laminage et évite les défauts du type roping et ridging, ce qui rend le procédé selon l'invention particulièrement bien adapté à la coulée continue de produits plats en acier inoxydable ferritique ou en acier au silicium. Le procédé est cependant bien entendu également applicable aux aciers au carbone en général.
Outre l'effet sur la structure de solidification de la brame, le brassage au niveau du segment zéro est avantageux en ce qu'il permet un meilleur contrôle de la surchauffe du métal à la coulée.
On notera qu'en utilisant des rouleaux-brasseurs dans le segment zéro, qui viennent donc prendre la place de rouleaux de soutien dont le diamètre est sensiblement plus petit, le procédé selon l'invention va à l'encontre de la pratique habituelle qui veut que le segment zéro soit exclusivement constitué de petits rouleaux pour maximiser le nombre de génératrices de contact avec la surface de la brame en cours de coulée, donc le soutien mécanique de cette dernière, et qui veut qu'une discontinuité dans le diamètre des rouleaux de soutien, impliquant une discontinuité dans le soutien de la brame, provoque inexorablement un excès de gonflement ("buldging") de la brame, à l'origine des criques observées dans la peau solidifiée.
Les inventeurs ont démontré en fonctionnement industriel que, contrairement à la doctrine de l'homme de l'art spécialiste en coulée continue de produits à section droite allongée, il est tout à fait possible d'implanter des inducteurs au niveau du segment zéro de la machine de coulée en remplaçant les petits rouleaux de soutien par des rouleaux-brasseurs et en induisant de ce fait une discontinuité dans le soutien de la brame sans pour autant compromettre en aucune manière le processus de coulée continue et notamment sans produire des criques. Apparemment, il semble bien que ce soit l'effet de la mise en mouvement du métal liquide par le brassage qui empêche la formation de criques bien que le gonflement de la brame soit localement plus fort.
Selon la variante de base de la présente invention, les rouleaux-brasseurs sont utilisés par paire.
Pour favoriser une concentration du champ magnétique à travers la brame, les deux rouleaux brasseurs constitutif d'une paire seront placés au même niveau face à face, chacun sur une grande face de la brame. En revanche, pour favoriser une augmentation de la longueur d'action du brassage dans le sens de la coulée, ils seront placés côte à côte, en voisins directs, l'un au dessus de l'autre pour s'appuyer sur la même grande face de la brame.
Selon une autre variante, lorsque une puissance de brassage très élevée est requise pour des applications particulières, on utilise deux paires de rouleaux-brasseurs groupés voisins, donc deux rouleaux disposés côte à côte l'un au dessus de l'autre sur chacune des deux grandes faces de brame,
Selon une variante préférentielle, on choisira le diamètre des rouleaux brasseurs tel que deux rouleaux brasseurs placés côte à côte prendront approximativement la place de trois rouleaux de soutien consécutifs. Cette importante disposition permet d'implanter l'une quelconque des variantes de réalisation précitées dans le même segment zéro, de pouvoir garder inchangé l'emplacement, de chaque côté de la brame, de tous les rouleaux de soutien sauf trois successifs (ceux qui sont remplacés), ainsi que de maintenir constante la longueur totale du segment zéro.
A titre d'exemple, pour des rouleaux de soutien de diamètre 150 mm disposés avec un entre-axe de 180 mm (espace libre entre deux rouleaux de 30 mm), on utilisera un espace de 3 x 150 mm + 2 x 30 mm, soit 510 mm pour installer deux rouleaux brasseurs de diamètre 2 x D + 30 mm = 510mm, donc D = 240 mm.
Le choix du diamètre des rouleaux brasseurs de 240 mm dans l'exemple choisi permet donc de modifier un segment zéro de sorte à pouvoir implanter soit une paire face à face, soit une paire côte à côte, soit encore deux paires groupées de rouleaux brasseurs sans changer la longueur du segment zéro et la position des autres rouleaux de soutien classiques.
On aura compris que le choix du diamètre extérieur D des rouleaux brasseurs sera approximativement donné par la formule 2D + e = 3d + 2e où e est l'espace entre deux rouleaux, approximativement identique pour les rouleaux brasseurs et les rouleaux de soutien, et d est le diamètre des rouleaux de soutien.
Cette flexibilité dans le choix de la configuration de brassage est un aspect particulièrement important de l'invention, puisque l'exploitant de la coulée continue peut alors aisément optimiser les résultats métallurgiques selon le choix d'une paire de rouleaux brasseurs face à face, côte à côte ou de deux paires groupées.
La présente invention a également pour objet une installation de coulée continue de produits plats, qui comprend une lingotière et une zone de refroidissement secondaire en aval de celle-ci, et dans laquelle le segment zéro de la zone de refroidissement secondaire comprend au moins deux rouleaux-brasseurs insérés parmi des rouleaux de soutien habituels qui composent ce segment.
Selon un mode préférentiel de réalisation, le diamètre des rouleaux brasseurs est choisi selon la formule expliquée ci-dessus 2D + e = 3d + 2e afin de pouvoir implanter soit deux rouleaux brasseurs face à face, soit côte à côte soit quatre rouleaux brasseurs groupés par deux sur chaque grande face.
II se trouve que l'effet de brassage dépend fortement de la position du brasseur dans le segment zéro, c'est-à-dire de la distance qui sépare le brasseur de la lingotière. La position optimale sera choisie en fonction du profil de solidification de la brame, qui lui dépend des conditions de coulée telles que vitesse de coulée, intensité de refroidissement, surchauffe de l'acier, etc... Par exemple, lorsque la vitesse de coulée est lente, on installera de préférence le brasseur dans la partie plus haute du segment zéro. Après avoir choisi la position et adapté un segment zéro pour y installer un brasseur à cette position, (peut importe ici s'il s'agit d'un brasseur "box-type" ou de rouleaux brasseurs), on devra alors impérativement reproduire toujours les mêmes conditions de coulée pour que le profil de solidification reste inchangé et que la position choisie reste la bonne. On aura ainsi perdu la flexibilité de modifier les paramètres de coulée, ou il faudra sinon changer à nouveau le segment zéro.
Aussi, conformément à une réalisation avantageuse de l'installation, la structure du segment zéro est conçue de façon à pouvoir changer la position des rouleaux brasseurs en gardant le même segment zéro.
A cet effet, on n'utilise plus une poutre d'appui principale habituelle, sur laquelle chaque rouleau est appuyé et son palier fixé de façon appropriée, mais on groupe chaque fois trois rouleaux de soutien sur une semelle d'appui, ces semelles étant elles mêmes appuyées et fixées sur la poutre d'appui principale. La hauteur de la semelle est égale à l'excédant de la hauteur du rouleau-brasseur avec son palier par rapport au rouleau de soutien et son palier.
Une telle structure de semelles d'appui amovible rigidement fixées sur la poutre principale offre la flexibilité structurelle de pouvoir remplacer n'importe quel des triplets de rouleaux de soutien par un doublé de rouleaux de plus grand diamètre, soit une paire de rouleaux brasseurs, soit un rouleaux brasseur et un rouleau factice du même diamètre, selon que l'on utilise une paire de rouleaux brasseurs face à face, côte à côte ou deux paires groupées.
Cette flexibilité dans le choix de l'emplacement et la facilité de montage est un aspect de l'invention qui peut s'avérer particulièrement important, puisque l'exploitant de la coulée continue peut alors aisément optimiser la position des rouleaux-brasseurs dans le segment zéro lorsqu'il aura modifié ses conditions de coulé.
D'autres particularités et caractéristiques de l'invention ressortiront mieux de la description détaillée qui suit de quelques modes de réalisation présentés à titre d'illustration, en se référant aux planches de dessins annexées, sur lesquelles:
- les figures la et Ib sont une vue schématique en perspective de la partie haute d'une machine de coulée continue avec lingotière et segments de la zone de refroidissement secondaire;
- les figures 2a et 2b montrent le choix du diamètre D des rouleaux brasseurs et rouleaux factices en fonction du diamètre d des rouleaux de soutien et de leur écartement; - les figures 3a à 3e montrent chacune la batterie de rouleaux de soutien du segment zéro avec insertion de quatre rouleaux-brasseurs groupés de diamètre plus grand, et l'une des cinq configurations de brassage pouvant être réalisées dans le segment zéro;

- la Figure 4 représente la conception du segment zéro avec sa structure d'appui divisée en semelles et poutre principale selon l'invention.

On a schématisé sur la Fig.l une installation de coulée continue de brames en acier comprenant une lingotière 10 et, en aval de celle-ci, une zone de refroidissement secondaire 12. La lingotière 10, du type à plaques assemblées dont les grandes plaques sont énergiquement refroidies par circulation d'eau sur leur surface externe, définit un passage de coulée de section allongée, rectangulaire, imposant son format à la brame brute de coulée qui sera produite. La lingotière est alimentée par le haut en métal en fusion au moyen d'une busette immergée (non représentée), et l'on extrait en continu de la lingotière 10 une ébauche de brame 14 partiellement solidifiée extérieurement. A la sortie de la lingotière, la brame 14 pénètre dans la zone de refroidissement secondaire 12, où elle est guidée et soutenue par des rouleaux de soutien, tout en étant refroidie par des jets d'eau (non montrés).
On notera que la Fig.la ne représente que la partie de la zone de refroidissement secondaire 12 qui correspondant aux régions communément appelées "segments zéro", et "segment 1", la figure Ib en plus le "segment 2", soit une hauteur métallurgique d'environ 7 à 8 m. Dans cette partie du refroidissement secondaire 12, la brame 14 n'est que partiellement solidifiée et comprend donc une peau solidifiée 16 encore assez fine et un large cœur liquide 18.
Pour mémoire, le segment zéro, indiqué 20 sur la Fig.l, correspond à la région du refroidissement secondaire 12 directement sous la lingotière 10, et qui s'étend sur une distance de l'ordre de 3 m. Le segment zéro comprend classiquement des rouleaux de guidage, indiqués 22, de petit diamètre, généralement de l'ordre de 150 mm. Leur nombre est typiquement entre 8 et 16 sur chacune des grandes faces de la brame.
Les segments 1, 2,... etc. correspondent donc à des régions du refroidissement se-condaire en aval du segment zéro, et qui sont typiquement équipées de rouleaux de guidage et de soutien 23 de diamètre plus élevé. Par exemple, les segments 1 et 2, s'étendent chacun sur une distance de l'ordre de 1,5 à 2 m après le segment zéro
La Figure la représente une paire de rouleaux-brasseurs 24 en configuration côte à côte en position relativement proche de la lingotière tel qu'utilisée pour le brassage des aciers inoxydables et au silicium, ce qui permet de produire une brame 14 avec une large fraction de solidification équiaxe, supérieure à 50 % en épaisseur, conformément au présent procédé.
La figure Ib par contre montre un brassage étage avec une paire de rouleaux brasseurs 24 côte à côte dans le segment 1 et une deuxième paire 24 dans le segment 2, en position relativement basse utilisé habituellement pour les aciers à tôle forte.
La figure Ib représente une machine de coulée moderne, dont la lingotière est munie de rouleaux de pied, la lingotière et la première partie du segment zéro sont rectilignes verticales, le segment zéro est relativement long et la courbure du refroidissement secondaire est amorcée en partie basse du segment zçro.
La figure la présente une machine de coulée plus ancienne avec un segment zéro plus court, entièrement courbe. Ce type de machines possède souvent des lingotières courbes.

Comme on le sait, les rouleaux-brasseurs sont, de manière schématique, des rouleaux de guidage et soutien rendus tubulaires pour contenir un inducteur électromagnétique à champ glissant qui est donc placé très prés de la brame. Les rouleaux brasseurs ont typiquement un diamètre supérieur à 230 mm, qui est donc sensiblement plus grand que celui d'un rouleau du segment zéro. Les détails de conception de ces rouleaux-brasseurs ne faisant toutefois pas partie propre de l'invention et étant bien connus dans le domaine, on ne les décrira pas ici en détail. On pourra par exemple se référer au EP 0 053 060 pour plus de détails sur leur conception et technologie, notamment concernant l'inducteur.
L'utilisation du brassage au niveau du segment zéro se situe dans une position qui comporte encore une partie majoritairement liquide d'acier dans le sens de l'épaisseur de la brame. Ceci permet donc de produire une solidification majoritairement équiaxe dont l'épaisseur correspond à plus de 50% de l'épaisseur de la brame, cette zone centrale équiaxe étant bordée par deux zones colonnaires (ou dentritiques). Une structure cristalline majoritairement équiaxe permet d'éviter les problèmes de roping et de ridging qui sont observés après laminage avec des nuances d'aciers du type inox ferritique ou silicium.
L'utilisation de rouleaux brasseurs à la place de brasseur "box-type (non représenté) permet d'installer l'inducteur beaucoup plus proche de la brame, d'obtenir par consé-quent un meilleur couplage électromagnétique et de réduire dans un rapport de cinq environ les besoins en puissance électrique, donc de réaliser un brassage nettement moins coûteux.
Le coût d'un seul brasseur "box-type" est en effet généralement supérieur au coût de quatre rouleaux brasseurs, ce qui permet à moindre frais d'utiliser du brassage étage, deux rouleaux brasseurs en segment zéro suivis de deux rouleaux brasseurs en segment un ou deux. Le brassage étage donne des meilleures résultats qu'un seul brasseur, car il génère un mouvement de l'acier liquide plus étendu dans le refroidissement secondaire, obtient de ce fait un meilleur échange entre l'acier plus chaud en haut et plus froid en bas du refroidissement secondaire et évacue mieux la surchauffe de l'acier. On obtient donc de meilleurs résultats métallurgiques tout en gagnant en flexibilité opérationnelle de la coulé car on peut accepter de couler à des surchauffes supérieures.
Figure 2 illustre la difficulté d'insérer dans le segment zéro des rouleaux de diamètre sensiblement plus grand. A titre d'exemple, on a choisi pour les rouleaux de soutien (22) un diamètre de 150 mm et un entraxe de 180 mm.. L'insertion d'un seul rouleau brasseur (24) dans la batterie des rouleaux de soutien (22) nécessite d'enlever deux rouleaux de soutien (22), ce qui augmente l'écart de soutien de 180 à 270 mm. (Figure 2a). Deux écarts de 270 mm parmi la batterie de 180 mm sont jugés prohibitifs pour des raisons de gonflement de brame. Pour la configuration d'une paire de rouleaux brasseurs face à face, on pourrait diminuer cet écart de 270 à 225 mm, ce qui serait acceptable du point de vue du gonflement de brame, mais cela nécessiterait de raccourcir la longueur du segment zéro de 2 x (270-225) ≈ 90 mm, ce qui n'est pas possible pour une machine de coulée existante, car il faudrait redessiner l'ensemble de la zone de refroidissement secondaire. On pourrait encore repartir les 90 mm sur l'ensemble des rouleaux de soutient, mais cela nécessiterait de réajuster tous les rouleaux, donc de faire un segment zéro nouveau. Et5 dans tous les cas, on serait limité à la configuration d'une paire de rouleaux brasseurs face à face.
Si on veut rester libre de pouvoir utiliser une paire de rouleaux brasseurs en configuration face à face ou côte à côte, voir même utiliser deux paires de rouleaux groupés lorsque une application spéciale demanderait un surplus de puissance de brassage, il faut insérer deux rouleaux-brasseurs (24) dans la batterie des rouleaux de soutien (22) tel que montré dans la figure 2(b).
Le diamètre devra alors être choisi selon la formule: 2D + e ≈ 3d + 2 e, ou D et d sont les diamètres des rouleaux-brasseurs (24) respectivement des rouleaux de soutien (22) et e est l'écart entre rouleaux, pris approximativement égal pour les rouleaux-brasseurs et pour les rouleaux de soutien. Dans l'exemple choisi, on obtient 240 mm pour le diamètre D des rouleaux-brasseurs. L'écart de soutien de la brame changera successivement de 180 mm à 225 mm, 270 mm, puis 225 mm et 180 mm, ce qui est bien meilleur au niveau du gonflement de la brame que la suite 180, 270, 270 et 180 mm de l'exemple de la figure 2a.
En somme, en choisissant le diamètre D des rouleaux-brasseurs en fonction du diamètre d des rouleaux de soutien selon la formule ci-avant et en insérant quatre rouleaux de ce diamètre D, on aura obtenu une situation plus favorable pour le gonflement de brame et la flexibilité de pouvoir changer de configuration de brassage avec un même segment zéro.
La figure 3 montre schématiquement la structure du segment zéro constituée par de grandes poutres d'appui (26) disposées de part et d'autre des larges faces de la brame et supportant les paliers d'extrémité des rouleaux de soutient (22) et des rouleaux brasseurs

(24) ou factices (25). Bien que cela ne soit pas représenté sur la fig.3, les rouleaux de soutien (22) peuvent en outre être supportés en un ou deux endroits de leur longueur par des paliers intermédiaires (voir figure 4). La figure 3 montre une partie du segment zéro de forme verticale droite, mais il est sous-entendu que cette partie pourrait aussi bien être courbe.
La figure 3 montre les cinq configurations de brassage qui peuvent être réalisées avec le même segment zéro: le brassage avec une paire de rouleaux brasseurs face à face (24) dans deux positions différentes (figure 3 a et 3b), le brassage avec une paire de rouleaux brasseurs côte à côte (figure 3 c et 3d) et le brassage avec deux paires de rouleaux brasseurs groupés (figure 3 e). Les quatre premières configurations des figures 3a à 3d utilisent, en plus d'une paire de rouleaux brasseurs (24), une paire de rouleaux factice

(25) de même diamètre. On obtient ainsi une très grande flexibilité dans le choix d'un brassage à champ magnétique soit concentré à travers l'épaisseur de brame (figures 3 a et b), ou diminué à travers la brame mais appliqué sur une plus grande longueur (figure 3 c et d) et un brassage extrêmement puissant (figure 3e).
La figure 3 montre également que les poutres d'appui (26) pour les paliers des rouleaux doivent être reusinés avec une encoche (27) à l'endroit d'insertion des rouleaux à diamètre D plus grand et qu'une fois cette modification exécutée, la position des rouleaux-brasseurs (et rouleaux factices) ne pourra plus être modifiée.
La figure 4 finalement montre une conception de la structure du segment zéro selon laquelle la poutre principale d'appui (26) est divisée en (i) une pluralité de semelles (28) servant chacune à regrouper trois rouleaux de soutient (22), et (ii) une poutre principale (29) servant d'appui et de fixation pour les semelles (28).
Etant donné que la longueur des semelles est identique à l'espace sans semelle pris par deux rouleaux-brasseurs/rouleaux factices, l'emplacement de ces dernières peut facilement être changé contre une semelle par démontage/remontage sans qu'il soit nécessaire de re-fabriquer un nouveau segment zéro. On aura ainsi obtenu la possibilité de réadapter la position du brassage électromagnétique et d'optimiser les résultats métallurgiques lorsque des conditions de coulée et notamment la vitesse de coulée auront été changées pour des raisons de modification des conditions d'exploitation.

On notera que les semelles (28), comme la surface de la poutre principale (29), sont représentées en rectiligne alors qu'ils peuvent être courbe. On notera également, que la hauteur des semelles (28) est au moins égale à la profondeur d'encoche (27) (ou à la différence de hauteur de l'ensemble rouleau plus palier entre rouleau-brasseur (24) et rouleau de soutien (22). Elle est égale si les rouleaux-brasseurs/rouleaux factices sont directement fixés sur la poutre principale (29). Elle est supérieure si les rouleaux-brasseurs/rouleaux factices sont également montés sur une semelle.
II va de soi que l'invention ne saurait se limiter aux exemples décrits ci-avant, mais qu'elle s'étend à de multiples variantes et équivalents dans la mesure où est respectée sa définition donnée par les revendications qui suivent.