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1. (WO2019002308) DISPERSIONS COMPRISING AT LEAST ONE NON-VOLATILE HYDROCARBON OIL
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DISPERSIONS COMPRENANT AU MOINS UNE HUILE NON VOLATILE HYDROCARBONÉE

La présente invention a pour objet des dispersions stables comprenant des gouttes macroscopiques d'une phase grasse dispersée comprenant au moins un agent gélifiant et au moins une huile non volatile hydrocarbonée. Elle a également pour objet des compositions, notamment cosmétiques, contenant lesdites dispersions ainsi que leurs utilisations dans le domaine cosmétique.

Il existe à ce jour des dispersions de gouttes macroscopiques d'une phase grasse dispersée dans une phase aqueuse, notamment décrites dans les demandes WO 2012/120043, FR 2 972 367 et FR 2 976 824. Ces dispersions sont notamment obtenues à l'aide d'un procédé microfluidique.

Le caractère macroscopique des gouttes permet d'obtenir des compositions dotées d'un visuel différenciant et attractif et d'une sensorialité inédite, ce qui constitue une alternative aux émulsions classiques classiquement blanches et comprenant des gouttes de phase dispersée non visibles à l'œil nu.

Les dispersions de gouttes macroscopiques de ce type présentent toutefois des résistances mécaniques faibles, pouvant conduire à des cisaillements ou fragmentations des gouttes lors du transport. Pour surmonter cet inconvénient, il est connu de mettre en œuvre ces dispersions dans des packagings requérant une atmosphère spécifique dénuée d'air (packaging dit « airless »), ce qui restreint leurs utilisations.

Pour surmonter ce problème, la demande WO 2017/046305 décrit l'ajout en phase grasse dispersée d'au moins un agent gélifiant, ce qui permet d'obtenir des dispersions stables présentant des résistances mécaniques élevées, leur permettant de résister à des cisaillements ou fragmentations des gouttes macroscopiques lors du transport.

Néanmoins, un inconvénient parfois observé dans des dispersions macroscopiques selon WO 2017/046305 est une opacification de la phase aqueuse continue et/ou une adhésion des gouttes entre elles et/ou sur les parois du packaging. Ce dernier phénomène est plus ou moins exacerbé selon la nature du packaging.

Sans vouloir être liée à une quelconque théorie, la Demanderesse suppose que l'opacification est associée à une fuite d'huile(s) et/ou d'agent(s) gélifiant(s) de la phase dispersée vers la phase aqueuse continue.

Pour des raisons évidentes, ces inconvénients ne sont pas souhaitables pour au moins les raisons décrites ci-après. Sur le plan esthétique, notamment dans le domaine cosmétique, le visuel est un critère de choix (et donc d'achat) très important. De plus, les fuites susmentionnées peuvent s'accompagner d'une agglomération des gouttes de phase dispersée entre elles, impactant là encore négativement le visuel de la dispersion. Cette fuite est susceptible d'entraîner une fuite d'actif(s) encapsulé(s), ce qui est préjudiciable à l'intégrité dudit actif, voire renforce l'opacification, et peut même conduire à des réactions non souhaitées avec d'autres actifs présents en phase aqueuse continue. Or, l'encapsulation a précisément pour objectif de préserver l'intégrité de l'actif encapsulé, voire de mettre en œuvre au sein d'une même composition des actifs incompatibles entre eux tout en conférant un visuel différenciant et attractif pour les consommateurs. Enfin, la modification de la distribution de taille des gouttes et la présence d'agglomérats peut conduire à des densités variables de gouttes, et donc à une distribution de doses inhomogènes.

Il existe donc un besoin pour de nouvelles dispersions comprenant des gouttes macroscopiques qui ne présentent pas les inconvénients susmentionnés.

Plus généralement, le développement de dispersions, notamment dans le domaine cosmétique, qui soient toujours plus stables et esthétiques dans le temps demeure un objectif constant.

La présente invention a donc pour but de fournir des dispersions stables de gouttes macroscopiques dans lesquelles les phénomènes d'opacification de la phase continue aqueuse et/ou d'adhésion des gouttes sur les parois du packaging et/ou d'agrégation des gouttes entre elles sont réduits, voire surmontés.

Un autre but l'invention consiste à fournir une dispersion stable de gouttes macroscopiques permettant de prévenir/empêcher la fuite d'huile(s) et/ou d'agent(s) gélifiant(s), voire d'actif(s) encapsulé(s), de la phase dispersée vers la phase aqueuse continue, préservant ainsi l'intégrité desdits actifs et/ou desdites gouttes et donc la stabilité dans le temps de ladite dispersion.

Ainsi, la présente invention concerne une dispersion contenant une phase dispersée comprenant des gouttes et une phase aqueuse continue, de préférence sous forme de gel, dans laquelle les gouttes comprennent une phase grasse contenant au moins un agent gélifiant, et dans laquelle la phase grasse comprend

au moins une huile H1 non volatile hydrocarbonée contenant plus de 90%, de préférence plus de 95%, d'acides gras ayant au moins 18 atomes de carbone, de préférence au moins 20 atomes de carbone.

La dispersion de l'invention présente l'avantage d'être stable, notamment au cours du temps et pendant le transport. Par « stable », on entend désigner, au sens de la présente invention, l'absence de crémage ou de sédimentation des gouttes de phase dispersée dans la phase continue, l'absence d'opacification de la phase continue aqueuse, l'absence d'agrégation des gouttes entre elles, et notamment l'absence de coalescence ou de mûrissement d'Oswald des gouttes entre elles, et l'absence de fuite de matières de la phase dispersée vers la phase continue, ou inversement.

Comme il ressort des exemples décrits plus loin, la mise en œuvre d'au moins une huile non volatile hydrocarbonée telle que susmentionnée dans une dispersion selon l'invention permet de réduire, voire prévenir, le phénomène d'opacification de la phase aqueuse continue, les fuites de matières, notamment d'huile(s) et/ou d'agent(s) gélifiant(s), de la phase dispersée vers la phase aqueuse continue, l'adhésion des gouttes sur les parois du packaging, et/ou l'agrégation des gouttes entre elles. Cela permet de préserver, voire d'améliorer, le visuel et la stabilité dans le temps d'une dispersion selon l'invention.

Les gouttes de la dispersion de l'invention sont des gouttes macroscopiques, c'est-à-dire que lesdites gouttes sont visibles à l'œil nu, par opposition à des gouttes microscopiques non visibles à l'œil nu. Ainsi, selon un mode de réalisation, au moins 60%, voire au moins 70%, de préférence au moins 80%, et mieux au moins

90%, des gouttes possèdent un diamètre moyen D supérieur ou égal à 100 μηι, voire supérieur ou égal à 200 μηι, mieux supérieur ou égal à 300 μηι, en particulier supérieur ou égal à 400 μηι, de préférence supérieur ou égal à 500 μηι, voire supérieur ou égal à 1 000 μηι, voire entre 100 μηι et 3 000 μηι, mieux entre 200 μηι et 2 000 μηι, en particulier entre 300 μηι et 1 000 μηι, mieux entre 500 μηι et 3 000 μηι, de préférence entre 1 000 μηι et 2 000 μηι, en particulier entre 800 μηι et 1 500 μηι.

Avantageusement, dans une dispersion selon l'invention, les gouttes possédant un diamètre supérieur ou égal à 100 μηι, voire supérieur ou égal à 200 μηι, mieux supérieur ou égal à 300 μηι, en particulier supérieur ou égal à 400 μηι, de préférence supérieur ou égal à 500 μηι, voire supérieur ou égal à 1 000 μηι, voire entre 100 μηι et 3 000 μηι, mieux entre 200 μηι et 2 000 μηι, en particulier entre 300 μηι et 1 000 μηι, mieux entre 500 μηι et 3 000 μηι, de préférence entre

1 000 μηι et 2 000 μηι, en particulier entre 800 μηι et 1 500 μηι, représentent un volume supérieur ou égal à 60%, voire supérieur ou égal à 70%, de préférence supérieur ou égal à 80%, et mieux supérieur ou égal à 90 % du volume total de la phase dispersée.

La détermination du volume de gouttes possédant un diamètre particulier par rapport au volume total de la phase dispersée relève des connaissances générales de l'homme du métier, notamment en ce qui concerne la méthode de mesure du diamètre décrite ci-dessous.

Dans le cadre de la présente invention, les dispersions susmentionnées peuvent être désignées indifféremment par le terme "émulsions".

En outre, les gouttes présentent avantageusement une monodispersité apparente (i. e. qu'elles sont perçues à l'œil comme des sphères identiques en diamètre). Les gouttes sont avantageusement sensiblement sphériques.

Température et pression

Sauf indication contraire, dans tout ce qui suit, on considère qu'on se trouve à la température ambiante (par exemple T=25°C ± 2°C) et pression atmosphérique (760 mm de Hg, soit 1 ,013.105 Pa ou 1013 mbar).

Viscosité

La viscosité des compositions selon l'invention peut varier de façon importante ce qui permet donc d'obtenir des textures variées.

Selon un mode de réalisation, une dispersion selon l'invention a une viscosité comprise de 1 mPa.s à 500 000 mPa.s, de préférence de 10 mPa.s à 300 000 mPa.s, mieux de 400 mPa.s à 100 000 mPa.s, et plus particulièrement de 1 000 mPa.s à 30 000 mPa.s, telle que mesurée à 25°C.

La viscosité est mesurée à température ambiante et à pression ambiante par la méthode décrite dans WO2017046305.

Phase continue aqueuse

Comme indiqué précédemment, les dispersions selon l'invention comprennent une phase continue aqueuse, de préférence sous forme d'un gel.

Avantageusement, la phase continue n'est pas solide à température ambiante et à pression ambiante, c'est-à-dire qu'elle est apte à s'écouler sous son propre poids.

Selon un mode de réalisation, la phase aqueuse a une viscosité comprise entre 400 mPa.s et 100 000 mPa.s, de préférence entre 800 mPa.s et 30 000 mPa.s, telle que mesurée à 25°C.

Cette viscosité est mesurée selon la méthode décrite ci-dessus.

La phase continue des dispersions comprend de l'eau.

Outre l'eau distillée ou déionisée, une eau convenant à l'invention peut être aussi une eau de source naturelle ou une eau florale.

Selon un mode de réalisation, le pourcentage massique d'eau de la phase continue aqueuse est d'au moins 30%, de préférence d'au moins 40%, en particulier d'au moins 50%, et mieux d'au moins 60%, notamment compris entre 70% et 98%, et préférentiellement compris entre 75% et 95%, par rapport à la masse totale de ladite phase continue.

La phase continue aqueuse de la dispersion selon l'invention peut en outre comprendre au moins une base. Elle peut comprendre une base unique ou un mélange de plusieurs bases différentes. La présence d'au moins une base dans ladite phase continue aqueuse contribue notamment à rehausser la viscosité de cette dernière.

Selon un mode de réalisation, la base présente dans la phase aqueuse est une base minérale.

Selon un mode de réalisation, la base minérale est choisie dans le groupe constitué des hydroxydes des métaux alcalins et des hydroxydes des métaux alcalino-terreux.

De préférence, la base minérale est un hydroxyde de métaux alcalins, et notamment NaOH.

Selon un mode de réalisation, la base présente dans la phase aqueuse est une base organique. Parmi les bases organiques, on peut citer par exemple l'ammoniaque, la pyridine, la triéthanolamine, l'aminométhylpropanol, ou encore la triéthylamine.

Une dispersion selon l'invention peut comprendre de 0,01 % à 10% en poids, de préférence de 0,01 % à 5% en poids, et préférentiellement de 0,02% à 1 % en poids de base, de préférence de base minérale, et notamment de NaOH, par rapport au poids total de ladite dispersion.

Selon un mode de réalisation, les dispersions selon l'invention ne comprennent pas de tensioactif.

Selon un mode de réalisation, les dispersions selon l'invention ne comprennent pas de trioctanoate de glycéryle, de tricaprylate/caprate de glycérol, et leur mélange.

Ecorce des gouttes

Selon un premier mode de réalisation, les gouttes d'une dispersion selon l'invention sont dénuées d'écorce ou de membrane, en particulier de membrane polymérique ou formée par polymérisation interfaciale. En particulier, les gouttes d'une dispersion selon l'invention ne sont pas stabilisées à l'aide d'une membrane de coacervat (type polymère anionique (carbomère)/polymère cationique (amodiméthicone)).

En d'autres termes, le contact entre la phase continue aqueuse et la phase grasse dispersée est direct.

Selon un autre mode de réalisation, les gouttes de la phase dispersée comprennent en outre une écorce. De préférence, cette écorce comprend au moins un polymère anionique et au moins un polymère cationique.

Selon un mode de réalisation préféré, les gouttes selon l'invention sont entourées d'une écorce (ou membrane) comprenant au moins un polymère anionique et au moins un polymère cationique.

Selon l'invention, les gouttes obtenues peuvent présenter une écorce très fine, notamment d'épaisseur inférieure à 1 % du diamètre des gouttes.

L'épaisseur de l'écorce est ainsi de préférence inférieure à 1 μηι et est donc trop faible pour être mesurée par des méthodes optiques.

Selon un mode de réalisation, l'épaisseur de l'écorce des gouttes est inférieure à 1 000 nm, notamment comprise de 1 à 500 nm, de préférence inférieure à 100 nm, avantageusement inférieure à 50 nm, préférentiellement inférieure à 10 nm.

La mesure de l'épaisseur de l'écorce des gouttes de l'invention peut être effectuée par la méthode de diffusion de neutrons aux petits angles (Small-Angle X-ray Scattering), telle que mise en œuvre dans Sato et al. J. Chem. Phys. 1 1 1 , 1393-1401 (2007).

Pour cela, les gouttes sont produites en utilisant de l'eau deutérée, puis sont lavées trois fois avec une huile deutérée, comme par exemple une huile deutérée de type hydrocarboné (octane, dodécane, hexadécane).

Après lavage, les gouttes sont ensuite transférées dans la cellule de Neutrons afin de déterminer le spectre l(q) ; q étant le vecteur d'onde.

A partir de ce spectre, on applique les traitements analytiques classiques (REF) afin de déterminer l'épaisseur de l'écorce hydrogénée (non deutérée).

Selon un mode de réalisation, l'écorce entourant les gouttes de la phase dispersée est rigidifiée, ce qui confère notamment une bonne résistance aux gouttes et diminue, voire empêche, leur coalescence.

Cette écorce est typiquement formée par coacervation, c'est-à-dire par précipitation de polymères chargés de charges opposées. Au sein d'un coacervat, les liaisons liant les polymères chargés entre eux sont de type ionique, et sont généralement plus fortes que des liaisons présentes au sein d'une membrane de type tensioactif.

L'écorce est formée par coacervation d'au moins deux polymères chargés de polarité opposée (ou polyélectrolyte) et de préférence en présence d'un premier polymère, de type cationique, et d'un deuxième polymère, différent du premier polymère, de type anionique. Ces deux polymères jouent le rôle d'agents de rigidification de la membrane.

La formation du coacervat entre ces deux polymères peut être provoquée par une modification des conditions du milieu réactionnel (température, pH, concentration en réactifs, etc.).

La réaction de coacervation résulte de la neutralisation de ces deux polymères chargés de polarités opposées et permet la formation d'une structure membranaire par interactions électrostatiques entre le polymère anionique et le polymère cationique. La membrane ainsi formée autour de chaque goutte forme typiquement une écorce qui encapsule totalement le cœur de la goutte, et isole ainsi le cœur de la goutte de la phase aqueuse continue.

En présence d'une écorce de type coacervat, notamment dérivant de la mise en œuvre d'amodiméthicone, les effets avantageux attachés à la mise en œuvre d'une huile H1 , notamment lorsque celle-ci est une huile végétale, sont inattendus. En effet, il est connu que l'amodiméthicone présente un défaut de compatibilité avec les huiles végétales, ce qui peut conduire à une mauvaise solubilisation de l'amodiméthicone, donc à une qualité de membrane de coacervat imparfaite et donc à une coalescence exacerbée des gouttes entre elles. En d'autres termes, la présente invention va à rencontre d'un préjugé technique selon lequel la mise en œuvre d'une huile végétale peut être préjudiciable à la stabilité d'une dispersion stabilisée par une membrane de coacervat dérivant de la mise en œuvre, notamment, d'amodiméthicone. Ces problèmes sont encore exacerbés quand on considère une dispersion comprenant des gouttes de taille macroscopique.

Au contraire, et comme il ressort des exemples ci-après, on observe que la présence d'une membrane de coacervat a des effets avantageux en termes de réduction du phénomène d'opacification de la phase aqueuse continue et d'adhésion des gouttes sur les parois du packaging, voire même d'agrégation des gouttes entre elles, et ce malgré la mise en œuvre d'une huile H1 végétale.

Polymère anionique

Dans le cadre de la présente description, on entend par "polymère de type anionique" ou « polymère anionique » un polymère comportant des fonctions chimiques de type anionique. On peut aussi parler de polyélectrolyte anionique.

Par "fonction chimique de type anionique", on entend une fonction chimique AH capable de céder un proton pour donner une fonction A". Selon les conditions du milieu dans lequel il se trouve, le polymère de type anionique comporte donc des fonctions chimiques sous forme AH, ou bien sous forme de sa base conjuguée A".

Comme exemple de fonctions chimiques de type anionique, on peut citer les fonctions acide carboxylique -COOH, éventuellement présentes sous forme d'anion carboxylate -COO".

Comme exemple de polymère de type anionique, on peut citer tout polymère formé par la polymérisation de monomères dont au moins une partie porte des fonctions chimiques de type anionique, tel que des fonctions acide carboxylique. De tels monomères sont par exemple l'acide acrylique, l'acide maléique, ou tout monomère éthyléniquement insaturé comportant au moins une fonction acide carboxylique. Il peut par exemple s'agir de polymère anionique comprenant des unités monomères comportant au moins une fonction chimique de type acide carboxylique.

De préférence, le polymère anionique est hydrophile, c'est-à-dire soluble ou dispersible dans l'eau.

Parmi les exemples de polymère de type anionique appropriés à la mise en œuvre de l'invention, on peut citer les copolymères d'acide acrylique ou d'acide maléique et d'autres monomères, tels que l'acrylamide, les acrylates d'alkyle, les acrylates d'alkyle en C5-C8, les acrylates d'alkyle en C10-C30, les méthacrylates d'alkyle en C12-C22, les méthacrylates méthoxypolyéthylèneglycol, les acrylates d'hydroxyester, les acrylates crosspolymères, et leurs mélanges.

Selon l'invention, un polymère de type anionique est de préférence un carbomère tel que décrit ci-après. Ce polymère peut également être un copolymère réticulé acrylates/Ci o-30 alkyl acrylate (nom INCI : acrylates/Ci o-30 alkyl acrylate Crosspolymer).

Selon un mode de réalisation, l'écorce des gouttes comprend au moins un polymère anionique, tel que par exemple un carbomère.

Dans le cadre de l'invention, et sauf mention contraire, on entend par "carbomère", un homopolymère éventuellement réticulé, issu de la polymérisation de l'acide acrylique. Il s'agit donc d'un poly(acide acrylique) éventuellement réticulé. Parmi les carbomères de l'invention, on peut citer ceux commercialisés sous les noms Tego®Carbomer 340FD de Evonik, Carbopol® 981 de Lubrizol, Carbopol ETD 2050 de Lubrizol, ou encore Carbopol Ultrez 10 de Lubrizol.

Selon un mode de réalisation, on entend par "carbomère" ou "carbomer" ou "Carbopol®", un polymère d'acide acrylique de haut poids moléculaire réticulé avec du sucrose allylique ou des éthers allyliques de pentaérythritol (handbook of Pharmaceutical Excipients, 5eme Edition, plll). Par exemple, il s'agit du Carbopol®910, du Carbopol®934, Carbopol®934P, du Carbopol®940, du Carbopol®941 , du Carbopol®71 G, du Carbopol®980, du Carbopol®971 P ou du Carbopol®974P. Selon un mode de réalisation, la viscosité dudit carbomère est comprise entre 4 000 et 60 000 cP à 0,5% w/w.

Les carbomères ont d'autres dénominations : acides polyacryliques, polymères carboxyvinyliques ou carboxy polyéthylènes.

Une dispersion selon l'invention peut comprendre de 0,01 % à 5% en poids, de préférence de 0,05% à 2%, et préférentiellement de 0,10% à 0,5%, de polymère(s) anionique(s), notamment de carbomère(s), par rapport au poids total de ladite dispersion.

Selon l'invention, les dispersions selon l'invention peuvent comprendre un carbomère et un copolymère réticulé acrylates/C10-3o alkyl acrylate.

La phase aqueuse selon l'invention peut également comprendre au moins un polymère réticulé ou au moins un copolymère réticulé, ledit polymère réticulé ou copolymère réticulé comprenant au moins une unité dérivée de la polymérisation d'un des monomères suivants : acide acrylique ou méthacrylique, acrylate ou méthacrylate d'alkyle comprenant de 1 à 30 atomes de carbone, ou leurs sels.

C'est notamment le cas lorsqu'une dispersion selon l'invention comprend au moins un agent parfumant tel que défini ci-après.

La phase aqueuse peut également comprendre un mélange de polymères réticulés ou un mélange de copolymères réticulés ou encore un mélange de polymère(s) réticulé(s) et de copolymère(s) réticulé(s).

Selon l'invention, le terme "unité dérivée de la polymérisation d'un monomère" signifie que le polymère ou copolymère est un polymère ou copolymère obtenu par polymérisation ou copolymère dudit monomère.

Selon un mode de réalisation, le polymère réticulé ou le copolymère réticulé est un polyacrylate réticulé.

Les copolymères et polymères réticulés de l'invention sont anioniques.

Selon un mode de réalisation, le copolymère est un copolymère d'acide carboxylique insaturé et de carboxylate insaturé d'alkyle en C1 -30, de préférence en CrC4. Un tel copolymère comporte au moins un motif hydrophile de type acide carboxylique insaturé oléfinique et au moins un motif hydrophobe de type ester d'alkyle (C C-30) d'acide carboxylique insaturé.

De préférence, ces copolymères sont choisis parmi ceux dont le motif hydrophile de type acide carboxylique insaturé oléfinique correspond au monomère de formule (I) suivante : H C= C— C— OH m

I I I u

Ri O

dans laquelle : Ri désigne H ou CH3 ou C2H5, c'est-à-dire des motifs acide acrylique, acide méthacrylique ou acide éthacrylique, et dont le motif hydrophobe de type ester d'alkyle (C1 -C30) d'acide carboxylique insaturé correspond au monomère de formule (II) suivante :

H2C— C— C— OR3

il (">

dans laquelle : R2 désigne H ou CH3 ou C2H5 (c'est-à-dire des motifs acrylates, méthacrylates ou éthacrylates) et de préférence H (motifs acrylates) ou CH3 (motifs méthacrylates), R3 désignant un radical alkyle en CrC30, et de préférence en d-C4.

Parmi ce type de copolymères, on utilisera plus particulièrement ceux formés à partir d'un mélange de monomères comprenant :

(i) essentiellement de l'acide acrylique,

(ii) un ester de formule (II) décrite ci-dessus et dans laquelle R2 désigne H ou CH3, R3 désignant un radical alkyle ayant de 1 à 4 atomes de carbone,

(iii) et un agent réticulant, qui est un monomère insaturé polyéthylénique copolymérisable bien connu, comme le phtalate de diallyle, le triméthylolpropane tri(meth)acrylate, diallyl itaconate, diallyl fumarate, diallyl maléate, zinc (meth)acrylate, le (méth)acrylate d'allyle, le divinylbenzène, le diméthacrylate de (poly)éthylèneglycol, le méthylène-bis-acrylamide, et l'huile de ricin.

Selon un mode de réalisation, le polymère réticulé ou le copolymère réticulé est un polymère ou copolymère d'acide acrylique et/ou d'acide méthacrylique, et/ou d'acrylate d'alkyle comprenant de 1 à 30 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone, et/ou de méthacrylate d'alkyle comprenant de 1 à 30 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone.

Selon un mode de réalisation, le copolymère réticulé est un copolymère réticulé d'acide méthacrylique et d'acrylate d'alkyle comprenant de 1 à 4 atomes de carbone, de préférence 2 atomes de carbone.

Dans le cadre de l'invention, et sauf mention contraire, on entend par « copolymère réticulé d'acide méthacrylique et d'acrylate d'alkyle comprenant de 1 à 4 atomes de carbones », un copolymère réticulé résultant de la polymérisation d'un monomère d'acide méthacrylique et d'un monomère d'acrylate d'alkyle comprenant de 1 à 4 atomes de carbones.

De préférence, dans ce copolymère, l'acide méthacrylique représente de 20% à 80% en poids, de préférence de 35% à 65% en poids du poids total du copolymère.

De préférence, dans ce copolymère, l'acrylate d'alkyle représente de 15% à 80% en poids, de préférence de 35% à 65% en poids du poids total du copolymère.

En particulier, l'acrylate d'alkyle est choisi parmi le méthacrylate d'alkyle, l'acrylate d'éthyle et l'acrylate de butyle.

Selon un mode de réalisation, le polymère réticulé ou le copolymère réticulé selon l'invention, présent dans la phase aqueuse continue, est choisi dans le groupe constitué des polymères ou copolymères suivants : Acrylates Copolymer, Acrylates crosspolymer-4, Acrylates crosspolymer-3, Polyacrylate-2 Crosspolymer et Polyacrylate-14 (noms INCI).

Parmi lesdits polymères ci-dessus, on préfère tout particulièrement, selon la présente invention, les produits vendus par la société LUBRIZOL sous les dénominations commerciales Fixate Superhold (nom INCI = Polyacrylate-2 Crosspolymer), Fixate Freestyle Polymer (nom INCI = Acrylates crosspolymer-3), Carbopol® Aqua SF1 (nom INCI = Acrylates copolymer) et Carbopol® Aqua SF2 (nom INCI = Acrylates crosspolymer-4).

De préférence, le copolymère réticulé est le Carbopol® Aqua SF1 (nom INCI = Acrylates copolymer).

Selon un mode de réalisation, le copolymère réticulé est choisi parmi les copolymères réticulés d'acide acrylique ou méthacrylique et d'acrylates d'alkyle comprenant de 1 à 4 atomes de carbone.

Selon l'invention, la dispersion de l'invention peut comprendre de 0,1 % à 10% en poids, de préférence de 0,5% à 8% en poids, et préférentiellement de 1 % à 3% en poids de polymère(s) réticulé(s) ou copolymère(s) réticulé(s) par rapport au poids total de ladite dispersion.

Selon l'invention, les dispersions selon l'invention peuvent comprendre un carbomère et un copolymère réticulé Carbopol® Aqua SF1 (nom INCI = Acrylates copolymer).

Polymère cationique

Selon un mode de réalisation, les gouttes, et notamment l'écorce desdites gouttes, comprennent en outre un polymère de type cationique. Elles peuvent également comprendre plusieurs polymères de type cationique. Ce polymère cationique est celui mentionné ci-dessus qui forme l'écorce par coacervation avec le polymère anionique.

Dans le cadre de la présente demande, et sauf mention contraire, on entend par "polymère de type cationique" ou « polymère cationique » un polymère comportant des fonctions chimiques de type cationique. On peut aussi parler de polyélectrolyte cationique.

De préférence, le polymère cationique est lipophile ou liposoluble.

Dans le cadre de la présente demande, et sauf mention contraire, par "fonction chimique de type cationique", on entend une fonction chimique B capable de capter un proton pour donner une fonction BH+. Selon les conditions du milieu dans lequel il se trouve, le polymère de type cationique comporte donc des fonctions chimiques sous forme B, ou bien sous forme BH+, son acide conjugué.

Comme exemple de fonctions chimiques de type cationique, on peut citer les fonctions aminé primaire, secondaire et tertiaire, éventuellement présentes sous forme de cations ammoniums.

Comme exemple de polymère de type cationique, on peut citer tout polymère formé par la polymérisation de monomères dont au moins une partie porte des fonctions chimiques de type cationique, tel que des fonctions aminé primaire, secondaire ou tertiaire.

De tels monomères sont par exemple l'aziridine, ou tout monomère éthyléniquement insaturé comportant au moins une fonction aminé primaire, secondaire ou tertiaire.

Parmi les exemples de polymères cationiques appropriés à la mise en œuvre de l'invention, on peut citer l'amodiméthicone, dérivé d'un polymère silicone

(polydiméthylsiloxane, aussi appelé diméthicone), modifié par des fonctions aminé primaire et aminé secondaire.

On peut également citer des dérivés de l'amodiméthicone, comme par exemple des copolymères de l'amodiméthicone, l'aminopropyl diméthicone, et plus généralement des polymères silicones linéaires ou ramifiés comportant des fonctions aminés.

On peut citer le copolymère de bis-isobutyl PEG-14/amodiméthicone, le Bis (C13-15 Alkoxy) PG-Amodimethicone, le Bis-Cetearyl Amodimethicone et le bis-hydroxy/méthoxy amodiméthicone.

On peut également citer les polymères de type polysaccharide comprenant des fonctions aminé, tel que le chitosan ou les dérivés de gomme guar (chlorure d'hydroxypropyltrimonium guar).

On peut également citer les polymères de type polypeptide comprenant des fonctions aminé, tel que la polylysine.

On peut également citer les polymères de type polyéthylèneimine comprenant des fonctions aminé, tel que la polyéthylèneimine linéaire ou branchée.

Selon un mode de réalisation, les gouttes, et notamment l'écorce desdites gouttes, comprennent un polymère cationique qui est un polymère silicone modifié par une fonction aminé primaire, secondaire ou tertiaire, tel que l'amodiméthicone.

Selon un mode de réalisation, les gouttes, et en particulier l'écorce desdites gouttes, comprennent de l'amodiméthicone.

Selon un mode de réalisation particulièrement préféré, le polymère cationique répond à la formule suivante :


dans laquelle :

- R R2 et R3, indépendamment les uns des autres, représentent OH ou CH3 ;

- R4 représente un groupe -CH2- ou un groupe -X-NH- dans lequel X est un radical alkylène divalent en C3 ou C4 ;

- x est un nombre entier compris entre 10 et 5 000, de préférence entre 30 et 1 000, et mieux entre 80 et 300 ;

- y est un nombre entier compris entre 1 et 1 000, en particulier entre 2 et 1 000, de préférence entre 4 et 100, et mieux entre 5 et 20 ; et

- z est un nombre entier compris entre 0 et 10, de préférence entre 0 et 1 , et mieux est égal à 1 .

Dans la formule susmentionnée, lorsque R4 représente un groupe -X-NH-, X est relié à l'atome de silicium.

Dans la formule susmentionnée, Ri , R2 et R3 représentent de préférence CH3.

Dans la formule susmentionnée, R4 est de préférence un groupe -(CH2)3-NH-.

Selon l'invention, chaque goutte peut comprendre de 0,01 % à 10%, de préférence de 0,05% à 5%, en poids de polymère(s) cationique(s), notamment d'amodiméthicone(s), par rapport au poids total de la phase grasse.

Selon un mode de réalisation, on observe une diminution de l'agrégation des gouttes entre elles à des teneurs en polymère(s) cationique(s) lipophile(s), notamment en amodiméthicone, comprises entre 0,15% et 0,8%, de préférence entre 0,25% et 0,6%, en poids par rapport au poids de la phase grasse.

Phase grasse

Selon l'invention, les dispersions comprennent une phase grasse dispersée, sous forme de gouttes, comprenant au moins un agent gélifiant.

Agent gélifiant

Comme indiqué précédemment, la présente invention repose sur la présence, au niveau de la phase grasse dispersée, d'au moins un agent gélifiant. Un tel agent gélifiant est différent des polymères anioniques et cationiques décrits ci-dessus.

Dans le cadre de l'invention, et sauf mention contraire, on entend par « agent gélifiant », un agent permettant d'augmenter la viscosité de la phase grasse des gouttes de la dispersion dépourvue dudit agent gélifiant, et d'atteindre une viscosité finale de la phase grasse gélifiée supérieure à 20 000 mPa.s, de préférence supérieure à 50 000 mPa.s, mieux supérieure à 100 000 mPa.s, et tout particulièrement supérieure à 200 000 mPa.s.

De préférence, la viscosité de la phase grasse des gouttes de la dispersion en présence dudit agent gélifiant est comprise entre 20 000 et 100 000 000 mPa.s, de préférence entre 50 000 et 1 000 000 mPa.s, et mieux entre 100 000 à 500 000 mPa.s, à 25°C.

Le choix en agent(s) gélifiant(s) s'effectue notamment au regard de la nature de la phase dispersée. Ainsi, pour des raisons évidentes de compatibilité, l'agent gélifiant est lipophile.

Selon un mode de réalisation, l'agent gélifiant est choisi parmi les agents gélifiants lipophiles organiques ou minéraux, polymériques ou moléculaires ; les corps gras solides à température et pression ambiante ; et leurs mélanges, notamment choisis parmi les cires, les corps gras pâteux, les beurres, et leurs mélanges.

Agent(s) gélifiant(s) lipophile(s)

Les gélifiants utilisables selon l'invention peuvent être des gélifiants lipophiles organiques ou minéraux, polymériques ou moléculaires.

Comme gélifiant lipophile minéral, on peut citer les argiles éventuellement modifiées comme les hectorites modifiées par un chlorure d'ammonium en C10 à C22, comme l'hectorite modifiée par du chlorure de di-stéaryl di-méthyl ammonium telle que, par exemple, celle commercialisée sous la dénomination de Bentone 38V® par la société ELEMENTIS. On peut également citer l'hectorite modifiée par du chlorure de distéaryldiméthylammonium, connue également comme bentonite de quaternium-18, telle que les produits commercialisés ou fabriqués sous les dénominations Bentone 34 par la société Rheox, Claytone XL, Claytone 34 et Claytone 40 commercialisés ou fabriqués par la société Southern Clay, les argiles modifiées connues sous la dénomination de bentonites de benzalkonium et de quaternium-18 et commercialisées ou fabriquées sous les dénominations Claytone HT, Claytone GR et Claytone PS par la société Southern Clay, les argiles modifiées par du chlorure de stéaryldiméthylbenzoylammonium, connues comme bentonites de stéralkonium, telles que les produits commercialisés ou fabriqués sous les dénominations Claytone APA et Claytone AF par la société Southern Clay, et Baragel 24 commercialisé ou fabriqué par la société Rheox.

On peut également citer la silice pyrogénée éventuellement traitée hydrophobe en surface dont la taille des particules est inférieure à 1 μηι. Il est en effet possible de modifier chimiquement la surface de la silice, par réaction chimique générant une diminution du nombre de groupes silanol présents à la surface de la silice. On peut notamment substituer des groupes silanol par des groupements hydrophobes : on obtient alors une silice hydrophobe.

Les groupements hydrophobes peuvent être :

- des groupements triméthylsiloxyle, qui sont notamment obtenus par traitement de silice pyrogénée en présence de l'hexaméthyldisilazane. Des silices ainsi traitées sont dénommées « Silica silylate » selon le CTFA (8eme édition, 2000).

Elles sont par exemple commercialisées sous les références Aerosil R812® par la société DEGUSSA, CAB-O-SIL TS-530® par la société CABOT ; ou

- des groupements diméthylsilyloxyle ou polydiméthylsiloxane, qui sont notamment obtenus par traitement de silice pyrogénée en présence de polydiméthylsiloxane ou du diméthyldichlorosilane. Des silices ainsi traitées sont dénommées « Silica diméthyl silylate » selon le CTFA (8ème édition, 2000). Elles sont par exemple commercialisées sous les références Aerosil R972®, et Aerosil R974® par la société DEGUSSA, CAB-O-SIL TS-61 0® et CAB-O-SIL TS-720® par la société CABOT.

La silice pyrogénée hydrophobe présente en particulier une taille de particules pouvant être nanométrique à micrométrique, par exemple allant d'environ de 5 à 200 nm.

Les gélifiants lipophiles organiques polymériques sont par exemple les organopolysiloxanes élastomériques partiellement ou totalement réticulés, de structure tridimensionnelle, comme ceux commercialisés sous les dénominations de KSG6®, KSG1 6® et de KSG18® par la société SH IN-ETSU, de Trefil E-505C® et Trefil E-506C® par la société DOW-CORNING, de Gransil SR-CYC®, SR DMF1 0®, SR-DC556®, SR 5CYC gel®, SR DMF 10 gel® et de SR DC 556 gel® par la société GRANT INDUSTRIES, de SF 1204® et de JK 1 1 3® par la société GENERAL ELECTRIC ; l'éthylcellulose comme celle vendue sous la dénomination Ethocel® par la société DOW CHEMICAL ; les galactommananes comportant de un à six, et en particulier de deux à quatre, groupes hydroxyle par ose, substitués par une chaîne alkyle saturée ou non, comme la gomme de guar alkylée par des chaînes alkyle en Ci à C6, et en particulier en d à C3 et leurs mélanges. Les copolymères séquencés de type « dibloc », « tribloc » ou « radial » du type polystyrène/polyisoprène, polystyrène/polybutadiène tels que ceux commercialisés sous la dénomination Luvitol HSB® par la société BASF, du type polystyrène/copoly(éthylène-propylène) tels que ceux commercialisés sous la dénomination de Kraton® par la société SHELL CHEMICAL CO ou encore du type polystyrène/copoly(éthylène-butylène), les mélanges de copolymères tribloc et radial (en étoile) dans l'isododécane tels que ceux commercialisé par la société PENRECO sous la dénomination Versagel® comme par exemple le mélange de copolymère tribloc butylène/éthylène/styrène et de copolymère étoile éthylène/propylène/styrène dans l'isododécane (Versagel M 5960).

Selon un mode de réalisation, les gélifiants utilisables selon l'invention peuvent être choisi dans le groupe constitué des polyacrylates ; des esters de sucre/ polysaccharide et d'acide(s) gras, en particulier des esters de dextrine et d'acide(s) gras, des esters de glycérol et d'acide(s) gras ou des esters d'inuline et d'acide(s) gras ; des polyamides, et de leurs mélanges.

Comme gélifiant lipophile, on peut encore citer les polymères de masse moléculaire moyenne en poids inférieure à 100 000, comportant a) un squelette polymérique ayant des motifs de répétition hydrocarbonés pourvus d'au moins un hétéroatome, et éventuellement b) au moins une chaîne grasse pendante et/ou au moins une chaîne grasse terminale éventuellement fonctionnalisées, ayant de 6 à 120 atomes de carbone et étant liées à ces motifs hydrocarbonés, telles que décrites dans les demandes WO 02/056847, WO 02/47619, en particulier les résines de polyamides (notamment comprenant des groupes alkyles ayant de 12 à 22 atomes de carbone) telles que celles décrites dans US 5783657.

A titre d'exemple de résine de polyamide pouvant être mise en œuvre selon la présente invention, on peut citer UNICLEAR 100 VG® commercialisé par la société ARIZONA CHEMICAL.

On peut également utiliser les polyamides siliconés du type polyorganosiloxane tels que ceux décrits dans US 5 874 069, US 5 919 441 , US 6 051 216 et US 5 981 680.

Ces polymères siliconés peuvent appartenir aux deux familles suivantes :

- des polyorganosiloxanes comportant au moins deux groupes capables d'établir des interactions hydrogène, ces deux groupes étant situés dans la chaîne du polymère, et/ou

- des polyorganosiloxanes comportant au moins deux groupes capables d'établir des interactions hydrogène, ces deux groupes étant situés sur des greffons ou ramifications.

Parmi les gélifiants lipophiles pouvant être utilisés dans la présente invention, on peut encore citer les esters de dextrine et d'acide gras, tels que les palmitates de dextrine.

Selon un mode de réalisation, l'ester de dextrine et d'acide(s) gras selon l'invention est un mono- ou poly-ester de dextrine et d'au moins un acide gras répondant à la formule (II) suivante :


dans laquelle :

o n est un nombre entier allant de 2 à 200, de préférence allant de 20 à 150, et en particulier allant de 25 à 50,

o les radicaux R4, R5 et R6, identiques ou différents, sont choisis parmi l'hydrogène ou un groupement acyle -CORa dans lequel le radical Ra représente un radical hydrocarboné, linéaire ou ramifié, saturé ou insaturé, possédant de 5 à 50, de préférence de 5 à 25 atomes de carbone,

sous réserve qu'au moins un desdits radicaux R4, R5 ou R6 est différent de l'hydrogène.

Selon un mode de réalisation, R4i R5 et R6 représentent, indépendamment les uns des autres, H ou un groupement acyle -CORa dans lequel Ra est un radical hydrocarboné tel que défini précédemment, sous réserve qu'au moins deux desdits radicaux R4, R5 ou R6 sont identiques et différents de l'hydrogène.

Selon un mode de réalisation, lorsque les radicaux R4, R5 et R6, identiques ou différents, représentent un radical -CORa, ceux-ci peuvent être choisis parmi les radicaux caprylyle, caproyle, lauroyle, myristyle, palmityle, stéaryle, eicosanyle, docosanoyle, isovaléryle, éthyl-2 butyryle, éthylméthylacétyle, isoheptanyle, éthyl-2 hexanyle, isononanyle, isodécanyle, isotridécanyle, isomyristyle, isopalmityle, isostéaryle, isohexanyle, décènyle, dodécenyle, tétradécényle, myristyle, hexadécénoyle, palmitoléyle, oléyle, élaidyle, eicosényle, sorbyle, linoléyle, linolényle, punicyle, arachidonyle, stéarolyle, et leurs mélanges.

Parmi les esters de dextrine et d'acide(s) gras, on peut par exemple citer les palmitates de dextrine, les myristates de dextrine, les palmitates/éthylhexanoates de dextrine et leurs mélanges.

On peut notamment citer les esters de dextrine et d'acide(s) gras commercialisés sous les dénominations Rheopearl® KL2 (nom INCI : dextrin palmitate), Rheopearl® TT2 (nom INCI : dextrin palmitate ethylhexanoate), et Rheopearl® MKL2 (nom INCI : dextrin myristate) par la société Miyoshi Europe.

On peut notamment citer les esters d'inuline et d'acide(s) gras commercialisés sous les dénominations Rheopearl® ISK2 ou Rheopearl® ISL2 (nom INCI : Stearoyl Inulin) par la société Miyoshi Europe.

Selon un mode de réalisation, l'agent gélifiant est choisi parmi les polyacrylates résultant de la polymérisation d'acrylate(s) d'alkyle en Ci o-C30, de préférence d'acrylate(s) d'alkyle en C14-C24, et encore plus préférentiellement d'acrylate(s) d'alkyle en Ci8-C22.

Selon un mode de réalisation, les polyacrylates sont des polymères d'acide acrylique estérifié avec un alcool gras dont la chaîne carbonée saturée comprend de 10 à 30 atomes de carbone, de préférence de 14 à 24 atomes de carbone, ou un mélange desdits alcools gras. De préférence, l'alcool gras comprend 18 atomes de carbone ou 22 atomes de carbone.

Parmi les polyacrylates, on peut citer plus particulièrement le polyacrylate de stéaryle, le polyacrylate de béhényle. De préférence, l'agent gélifiant est le polyacrylate de stéaryle ou le polyacrylate de béhényle.

On peut notamment citer les polyacrylates commercialisés sous les dénominations Interlimer® (nom INCI : Poly Ci o-C30 alkyl acrylate), notamment Interlimer® 13.1 et Interlimer® 13.6, par la société Airproducts.

Selon un mode de réalisation, l'agent gélifiant est un ester de glycérol et d'acide(s) gras, en particulier un mono-, di- ou triester de glycérol et d'acide(s) gras. Typiquement, ledit ester de glycérol et d'acide(s) gras peut être utilisé seul ou en mélange.

Selon l'invention, il peut s'agir d'un ester de glycérol et d'un acide gras ou d'un ester de glycérol et d'un mélange d'acides gras.

Selon un mode de réalisation, l'acide gras est choisi dans le groupe constitué de l'acide béhénique, de l'acide isooctadécanoique, de l'acide stéarique, de l'acide eicosanoïque, et de leurs mélanges.

Selon un mode de réalisation, l'ester de glycérol et d'acide(s) gras présente la formule (III) suivante :


dans laquelle : R1 ; R2 et R3 sont, indépendamment l'un de l'autre, choisi parmi H et une chaîne alkyle saturée comprenant de 4 à 30 atomes de carbone, au moins un de Ri , R2 et R3 étant différent de H .

Selon un mode de réalisation, R1 ; R2 et R3 sont différents.

Selon un mode de réalisation, R1 ; R2 et/ou R3 représente une chaîne alkyle saturée comprenant de 4 à 30, de préférence de 12 à 22, et préférentiellement de 18 à 22 atomes de carbone.

Selon un mode de réalisation, l'ester de glycérol et d'acide(s) gras correspond à un composé de formule (III) dans laquelle Ri = H, R2 = C2i H43 et R3 = Ci9H40.

Selon un mode de réalisation, l'ester de glycérol et d'acide(s) gras correspond à un composé de formule (III) dans laquelle Ri = R2 = R3 = C21 H43.

Selon un mode de réalisation, l'ester de glycérol et d'acide(s) gras correspond à un composé de formule (III) dans laquelle Ri = R2 = H, et R3 = C19H40.

Selon un mode de réalisation, l'ester de glycérol et d'acide(s) gras correspond à un composé de formule (III) dans laquelle Ri = R2 = H, et R3 = C17H35.

On peut notamment citer les esters de glycérol et d'acide(s) gras commercialisés sous les dénominations Nomcort HK-G (nom INCI : Glyceryl behenate/eicosadioate) et Nomcort SG (nom INCI : Glyceryl tribehenate, isostearate, eicosadioate), par la société Nisshin Oillio.

Cire(s)

Par « cire », on entend au sens de l'invention, un composé lipophile, solide à température ambiante (25°C), à changement d'état solide/liquide réversible, ayant un point de fusion supérieur ou égal à 30 °C pouvant aller jusqu'à 120°C.

Le protocole de mesure de ce point de fusion est décrit plus loin.

Les cires susceptibles d'être utilisées dans une composition selon l'invention peuvent être choisies parmi les cires, solides, déformables ou non à température ambiante, d'origine animale, végétale, minérale ou de synthèse et leurs mélanges.

On peut notamment utiliser les cires hydrocarbonées comme la cire d'abeilles, la cire de lanoline, et les cires d'insectes de Chine; la cire de riz, la cire de Carnauba, la cire de Candellila, la cire d'Ouricurry, la cire d'Alfa, la cire de fibres de liège, la cire de canne à sucre, la cire du Japon et la cire de sumac; la cire de montan, les cires microcristallines, les paraffines et l'ozokérite; les cires de polyéthylène, les cires obtenues par la synthèse de Fisher-Tropsch et les copolymères cireux ainsi que leurs esters.

On peut notamment citer les cires commercialisées sous les dénominations Kahlwax®2039 (nom INCI : Candelilla cera) et Kahlwax®6607 (nom INCI : Helianthus Annuus Seed Wax) par la société Kahl Wachsraffinerie, Casid HSA (nom INCI : Hydroxystearic Acid) par la société SACI CFPA, Performa®260 (nom INCI :

Synthetic wax) et Performa®103 (nom INCI : Synthetic wax) par la société New Phase, et AJK-CE2046 (nom INCI : Cetearyl alcohol, dibutyl lauroyl glutamide, dibutyl ethylhaxanoyl glutamide) par la société Kokyu Alcohol Kogyo.

On peut aussi citer les cires obtenues par hydrogénation catalytique d'huiles animales ou végétales ayant des chaînes grasses, linéaires ou ramifiées, en C8-C32.

Parmi celles-ci, on peut notamment citer l'huile de jojoba hydrogénée, l'huile de tournesol hydrogénée, l'huile de ricin hydrogénée, l'huile de coprah hydrogénée et l'huile de lanoline hydrogénée, le tétrastéarate de di-(triméthylol-1 ,1 ,1 propane) vendu sous la dénomination « HEST 2T-4S » par la société HETERENE, le tétrabéhénate de di-(triméthylol-1 ,1 ,1 propane) vendue sous la dénomination HEST 2T-4B par la société HETERENE.

On peut également utiliser les cires obtenues par transestérification et hydrogénation d'huiles végétales, telles que l'huile de ricin ou d'olive, comme les cires vendues sous les dénominations de Phytowax ricin 16L64® et 22L73® et Phytowax Olive 18L57 par la société SOPHIM. De telles cires sont décrites dans la demande FR2792190.

On peut aussi utiliser des cires siliconées qui peuvent être avantageusement des polysiloxanes substitués, de préférence à bas point de fusion.

Parmi les cires de silicones commerciales de ce type, on peut citer notamment celles vendues sous les dénominations Abilwax 9800, 9801 ou 9810 (GOLDSCHMIDT), KF910 et KF7002 (SHIN ETSU), ou 176-1 1 18-3 et 176-1 1481 (GENERAL ELECTRIC).

Les cires de silicone utilisables peuvent également être des alkyl ou alcoxydiméthicones tels que les produits commerciaux suivants : Abilwax 2428, 2434 et 2440 (GOLDSCHMIDT), ou VP 1622 et VP 1621 (WACKER), ainsi que les (C2o-C6o) alkyldiméthicones, en particulier les (C30-C45) alkyldiméthicones comme la cire siliconée vendue sous la dénomination SF-1642 par la société GE-Bayer Silicones.

On peut également utiliser des cires hydrocarbonées modifiées par des groupements siliconés ou fluorés comme par exemple : siliconyl candelilla, siliconyl beeswax et Fluorobeeswax de Koster Keunen.

Les cires peuvent également être choisies parmi les cires fluorées.

Beurre(s) ou corps gras pâteux

Par « beurre» (également appelé « corps gras pâteux ») au sens de la présente invention, on entend un composé gras lipophile à changement d'état

solide/liquide réversible et comportant à la température de 25°C une fraction liquide et une fraction solide, et à pression atmosphérique (760 mm Hg). En d'autres termes, la température de fusion commençante du composé pâteux peut être inférieure à 25°C. La fraction liquide du composé pâteux mesurée à 25°C peut représenter de 9% à 97 % en poids du composé. Cette fraction liquide à 25°C représente de préférence entre 15% et 85 %, de préférence encore entre 40 et 85 % en poids. De préférence, le ou les beurres présentent une température de fin de fusion inférieure à 60°C. De préférence, le ou les beurres présentent une dureté inférieure ou égale à 6 MPa.

De préférence, les beurres ou corps gras pâteux présentent à l'état solide une organisation cristalline anisotrope, visible par observations aux rayons X.

Au sens de l'invention, la température de fusion correspond à la température du pic le plus endothermique observé en analyse thermique (DSC) telle que décrite dans la norme ISO 1 1357-3 ; 1999. Le point de fusion d'un pâteux ou d'une cire peut être mesuré à l'aide d'un calorimètre à balayage différentiel (DSC), par exemple le calorimètre vendu sous la dénomination "DSC Q2000" par la société TA Instruments.

Concernant la mesure de la température de fusion et la détermination de la température de fin de fusion, les protocoles de préparation des échantillons et de mesure sont tels que décrits dans WO2017046305.

La fraction liquide en poids du beurre (ou corps gras pâteux) à 25°C est égale au rapport de l'enthalpie de fusion consommée à 25°C sur l'enthalpie de fusion du beurre. L'enthalpie de fusion du beurre ou composé pâteux est l'enthalpie consommée par le composé pour passer de l'état solide à l'état liquide.

Le beurre est dit à l'état solide lorsque l'intégralité de sa masse est sous forme solide cristalline. Le beurre est dit à l'état liquide lorsque l'intégralité de sa masse est sous forme liquide. L'enthalpie de fusion du beurre est égale à l'intégrale de l'ensemble de la courbe de fusion obtenue à l'aide du calorimètre suscité, avec une montée en température de 5°C ou 10°C par minute, selon la norme ISO 1 1357-3:1999. L'enthalpie de fusion du beurre est la quantité d'énergie nécessaire pour faire passer le composé de l'état solide à l'état liquide. Elle est exprimée en J/g.

L'enthalpie de fusion consommée à 25°C est la quantité d'énergie absorbée par l'échantillon pour passer de l'état solide à l'état qu'il présente à 25°C constitué d'une fraction liquide et d'une fraction solide. La fraction liquide du beurre mesurée à 32°C représente de préférence de 30% à 100 % en poids du composé, de préférence de 50% à 100%, de préférence encore de 60% à 100 % en poids du

composé. Lorsque la fraction liquide du beurre mesurée à 32°C est égale à 100%, la température de la fin de la plage de fusion du composé pâteux est inférieure ou égale à 32°C. La fraction liquide du beurre mesurée à 32°C est égale au rapport de l'enthalpie de fusion consommée à 32°C sur l'enthalpie de fusion du beurre. L'enthalpie de fusion consommée à 32 °C est calculée de la même façon que l'enthalpie de fusion consommée à 23 °C.

Concernant la mesure de la dureté, les protocoles de préparation des échantillons et de mesure sont tels que décrits dans WO2017046305.

Le corps gras pâteux ou beurre peut être choisi parmi les composés synthétiques et les composés d'origine végétale. Un corps gras pâteux peut être obtenu par synthèse à partir de produits de départ d'origine végétale.

Le corps gras pâteux est avantageusement choisi parmi :

- la lanoline et ses dérivés tels que l'alcool de lanoline, les lanolines oxyéthylénées, la lanoline acétylée, les esters de lanoline tels que le lanolate d'isopropyle, les lanolines oxypropylénées,

- les composés siliconés polymères ou non-polymères comme les polydiméthysiloxanes de masses moléculaires élevées, les polydiméthysiloxanes à chaînes latérales du type alkyle ou alcoxy ayant de 8 à 24 atomes de carbone, notamment les stéaryl diméthicones,

- les composés fluorés polymères ou non-polymères,

- les polymères vinyliques, notamment

- les homopolymères d'oléfines,

- les copolymères d'oléfines,

- les homopolymères et copolymères de diènes hydrogénés,

- les oligomères linéaires ou ramifiés, homo ou copolymères de (méth)acrylates d'alkyle ayant de préférence un groupement alkyle en C8-C30,

- les oligomères homo et copolymères d'esters vinyliques ayant des groupements alkyles en C8-C30,

- les oligomères homo et copolymères de vinyléthers ayant des groupements alkyles en C8-C30,

- les polyéthers liposolubles résultant de la polyéthérification entre un ou plusieurs diols en C2-C10o, de préférence en C2-C50,

- les esters et les polyesters, et

- leurs mélanges.

Selon un mode préféré de l'invention, le ou les beurres particuliers sont d'origine végétale tels que ceux décrit dans Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry (« Fats and Fatty Oils», A. Thomas, publié le 15/06/2000, D01 : 10.1002/14356007.a10_173, point 13.2.2.2. Shea Butter, Bornéo Tallow, and Related Fats (Vegetable Butters)).

On peut citer plus particulièrement les triglycérides en C10-C18 (nom INCI : C10-18 Triglycérides) comportant à la température de 25°C et à pression atmosphérique (760 mm Hg) une fraction liquide et une fraction solide, le beurre de karité, le beurre de Karité Nilotica (Butyrospermum parkii), le beurre de Galam, (Butyrospermum parkii), le beurre ou graisse de Bornéo ou tengkawang tallow) (Shorea stenoptera), beurre de Shorea, beurre d'Illipé , beurre de Madhuca ou Bassia Madhuca longifolia, beurre de mowrah (Madhuca Latifolia), beurre de Katiau (Madhuca mottleyana), le beurre de Phulwara (M. butyracea), le beurre de mangue (Mangifera indica), le beurre de Murumuru (Astrocatyum murumuru), le beurre de Kokum (Garcinia Indica), le beurre d'Ucuuba ( Virola sebifera), le beurre de Tucuma, le beurre de Painya (Kpangnan) (Pentadesma butyracea), le beurre de café (Coffea arabica), le beurre d'abricot (Prunus Armeniaca), le beurre de Macadamia (Macadamia Temifolia), le beurre de pépin de raisin ( Vitis vinifera), le beurre d'avocat (Persea gratissima), le beurre d'olives (Olea europaea), le beurre d'amande douce (Prunus amygdalus dulcis), le beurre de cacao ( Theobroma cacao) et le beurre de tournesol, le beurre sous le nom INCI Astrocaryum Murumuru Seed Butter, le beurre sous le nom INCI Theobroma Grandiflorum Seed Butter, et le beurre sous le nom INCI Irvingia Gabonensis Kernel Butter, les esters de jojoba (mélange de cire et d'huile de jojoba hydrogénée)(nom INCI : Jojoba esters) et les esters éthyliques de beurre de karité (nom INCI : Shea butter ethyl esters), et leurs mélanges.

Parmi les agents gélifiants selon l'invention, on peut également citer le THIXCIN® R de Elementis Specialties (INCI : Trihydroxystearin) ou Estogel E de PolymerExpert (Proposed INCI name: Castor oil / IPDI Copolymer, Caprylic Capric triglycéride, Castor oil).

De préférence, l'agent gélifiant est choisi parmi les palmitates de dextrine.

Avantageusement, un agent gélifiant de phase grasse selon l'invention est un agent gélifiant thermosensible, à savoir qui réagit à la chaleur, et notamment est un agent gélifiant solide à température ambiante et liquide à une température supérieure à 40°C, de préférence supérieure à 50°C.

Avantageusement, un agent gélifiant de phase grasse selon l'invention est un agent gélifiant thixotrope ou apte à conférer à la solution qui le comprend un comportement thixotrope. Un tel agent gélifiant thixotrope est notamment choisi parmi les silices pyrogénées éventuellement traitées hydrophobes, décrites précédemment.

Selon un mode de réalisation, une dispersion selon l'invention peut comprendre de 0, 1 % à 75%, de préférence de 0,5% à 60%, en particulier de 1 % à 40%, mieux de 1 ,5% à 20%, et préférentiellement de 1 % à 4%, en poids d'agent(s) gélifiant(s) par rapport au poids total de la dispersion.

Selon l'invention, une dispersion selon l'invention peut comprendre de 0,5% à 99%, de préférence de 1 % à 70%, en particulier de 1 ,5% à 50%, mieux de 2% à 40%, en particulier de 2,5% à 30%, et préférentiellement de 10% à 20%, en poids d'agent(s) gélifiant(s) par rapport au poids total de la phase grasse.

Comme il ressort des exemples ci-après, une augmentation la teneur en agent(s) gélifiant(s), notamment en RHEOPEARL KL2, contribue à réduire encore le phénomène d'agrégation des gouttes entre elles.

Huiles

Huile H1

Une dispersion selon l'invention requiert la mise en œuvre dans la phase grasse d'au moins une huile non volatile hydrocarbonée H 1 contenant plus de 90%, de préférence plus de 95%, d'acides gras de longueur de chaînes supérieure ou égale à 1 8 atomes de carbone, de préférence supérieure ou égale à 20 atomes de carbone.

De préférence, plus de 90%, et de préférence plus de 95%, des acides gras de l'huile non volatile hydrocarbonée ont une longueur de chaîne comprise entre Ci8 et C36, de préférence entre C20 et C28, et mieux entre C20 et C22- On entend par « huile » un corps gras liquide à la température ambiante (25°C).

Les chaînes des acides gras de l'huile non volatile hydrocarboné H 1 sont linéaires ou ramifiées, de préférence linéaires, et saturées ou insaturées, de préférence insaturées, voire polyinsaturées.

On entend par "acide gras insaturé" au sens de la présente invention, un acide gras comprenant au moins une double liaison. Il s'agit plus particulièrement d'acides gras à longues chaînes, c'est-à-dire possédant au moins 18, de préférence 20, atomes de carbone. Les acides gras insaturés peuvent être sous forme acide, ou sous forme de sel, comme par exemple leur sel de calcium, ou encore sous forme de dérivés, notamment d'ester(s) d'acide(s) gras.

Par « non volatile », on entend une huile dont la pression de vapeur à température ambiante et pression atmosphérique, est non nulle et inférieure à 0,02 mm de Hg (2,66 Pa) et mieux inférieure à 10-3 mm de Hg (0,13 Pa).

Conviennent tout particulièrement à l'invention les acides gras insaturés comportant de 18 à 36, de préférence de 20 à 28, et mieux de 20 à 22, atomes de carbone, en particulier les acides gras insaturés, voire polyinsaturés, notamment les acides gras Δ-5 et/ou Δ-13.

Parmi les acides gras insaturés de la série Δ-5, on peut citer en particulier l'acide eicosénoïque monoinsaturé à 20 atomes de carbone et une insaturation (20:1 , Δ-5), l'acide docosanoïque monoinsaturé à 22 atomes de carbone et une insaturation (22:1 , Δ-5) et l'acide docosadiénoïque polyinsaturé à 22 atomes de carbone et deux insaturations (22:2, Δ 5).

Parmi les acides gras insaturés de la série Δ-13, on peut citer l'acide docosanoïque monoinsaturé à 22 atomes de carbone et une insaturation (22:1 , Δ-13).

Au sens de l'invention, la nomenclature « Δχ » (ou « delta-x ») concerne les acides gras insaturés, pour lesquels chaque double liaison est indiquée par le signe Δ et suivi par la position de la double liaison le long de la chaîne aliphatique de l'acide gras depuis l'extrémité carboxylique -COOH de la molécule.

De préférence, une huile non volatile hydrocarbonée selon l'invention comprend un mélange d'acides gras monoinsaturés et polyinsaturés.

De préférence, une huile non volatile hydrocarbonée selon l'invention comprend plus de 90%, et de préférence plus de 95%, d'acides gras choisi parmi l'acide oléïque, en particulier de type (C18:1 , Δ-9), l'acide eicosénoïque, en particulier de type (C20:1 , Δ-5), l'acide docosanoïque, en particulier de type (C22:1 , Δ-5) et/ou (C22:1 , Δ-13), l'acide docosadiénoïque, en particulier de type (C22:2, Δ 5), et leurs mélanges, et mieux l'acide eicosénoïque, l'acide docosanoïque et/ou l'acide docosadiénoïque, et leurs mélanges.

De préférence, l'huile non volatile hydrocarbonée H1 est choisie parmi les huiles végétales. Selon un mode de réalisation, la dispersion de l'invention comprend plusieurs huiles H1 , dont l'une au moins est une huile végétale. Selon un mode de réalisation, la dispersion de l'invention comprend plusieurs huiles H1 choisies parmi les huiles végétales.

De préférence, l'huile non volatile hydrocarbonée H1 comprend moins de 10%, de préférence moins de 5%, voire est dénuée, d'acide gras ayant une

longueur de chaînes inférieure à 18 atomes de carbone, et mieux inférieure à 20 atomes de carbone.

De préférence, l'huile non volatile hydrocarbonée H1 comprend moins de 10%, de préférence moins de 5%, voire est dénuée, d'acide gras saturé.

Ainsi, à titres d'huiles non volatiles hydrocarbonées H1 selon l'invention, on peut citer l'huile de jojoba, l'huile de lin, l'huile de Perilla, l'huile de Inca Inchi, l'huile de rose musquée, l'huile de colza, l'huile de chanvre, l'huile d'amande douce, l'huile de maïs, l'huile d'abricot, l'huile de ricin, l'huile de Meadowfoam (INCI : Limnanthes Alba (Meadowfoam) Seed Oil) et leurs mélanges, de préférence l'huile de jojoba et/ou l'huile de Meadowfoam, et mieux l'huile de Meadowfoam.

L'huile de Meadowfoam a une composition en acides gras particulière, comme décrit en tableau ci-dessous :


L'huile de Meadowfoam est par exemple commercialisée par la société Nikon Chemicals sous la dénomination NIKKOL Meadowfoam Oil ou par la société Elementis Specialties sous la dénomination FANCOR® MEADOWFOAM SEED OIL

La mise en œuvre d'huiles non volatiles hydrocarbonées H1 , en particulier d'huiles végétales, et notamment d'huile de Meadowfoam, dans des compositions, notamment cosmétiques, est connue. Néanmoins, jamais il n'a été observé que leur mise en œuvre dans une phase grasse dispersée de gouttes macroscopiques puisse avoir des effets avantageux en termes de réduction d'opacification de la phase aqueuse continue et/ou d'adhésion des gouttes sur les parois du packaging et/ou d'agrégation des gouttes entre elles.

Avantageusement, la phase grasse d'une dispersion selon l'invention comprend entre 1 % et 50%, de préférence entre 5% et 40%, en particulier entre 10% et 30%, et mieux entre 15% et 20 %, en poids d'huile(s) H1 par rapport au poids total de ladite phase grasse.

Huile H2

Selon un mode de réalisation, la phase grasse de la dispersion selon l'invention comprend en outre au moins une huile H2, différente de l'huile H1 susmentionnée.

La présence d'une huile H2 peut être avantageuse pour conférer à la dispersion selon l'invention une sensorialité différente ou assurer la mise en œuvre d'une matière première particulière, car par exemple non soluble dans une huile H1 . C'est notamment le cas où l'huile H1 est une huile végétale et les gouttes macroscopiques de la dispersion selon l'invention comprennent une écorce, notamment dérivant de la mise en œuvre d'amodiméthicone. En effet, comme précité, l'amodiméthicone présente un défaut de compatibilité avec les huiles végétales. L'huile H2 est donc de préférence une huile dans laquelle le polymère cationique est soluble. L'huile H2 est donc avantageusement compatible avec le polymère cationique et correspond donc à un bon solvant du polymère cationique.

Comme huiles H2 utilisables dans la composition de l'invention, on peut citer par exemple :

- les huiles hydrocarbonées d'origine animale, telles que le perhydrosqualène et le squalane ;

- les esters et les éthers de synthèse, notamment d'acides gras, comme les huiles de formules R1COOR2 et R1OR2 dans laquelle Ri représente le reste d'un acide gras en C8 à C29, et R2 représente une chaîne hydrocarbonée, ramifiée ou non, en C3 à C30, comme par exemple l'huile de Purcellin, l'isononanoate d'isononyle, le néopentanoate d'isodécyle, le myristate d'isopropyle, le palmitate d'éthyl-2-hexyle, le stéarate d'octyl-2-dodécyle, l'érucate d'octyl-2-dodécyle, l'isostéarate d'isostéaryle ; les esters hydroxylés comme l'isostéaryl lactate, l'octylhydroxystéarate, l'hydroxystéarate d'octyldodécyle, le diisostéaryl-malate, le citrate de triisocétyle, les heptanoates, octanoates, décanoates d'alcools gras ; les esters de polyol, comme le dioctanoate de propylène glycol, le diheptanoate de néopentylglycol et le diisononanoate de diéthylèneglycol ; et les esters du pentaérythritol comme le tétrabéhénate de pentaérythrityle (DUB PTB) ou le tétraisostéarate de pentaérythrityle (Prisorine 3631 ) ;

- les hydrocarbures linéaires ou ramifiés, d'origine minérale ou synthétique, tels que les huiles de paraffine, volatiles ou non, et leurs dérivés, la vaseline, les polydécènes, le polyisobutène hydrogéné tel que l'huile de Parléam ;

- les huiles de silicone, comme par exemple les polyméthylsiloxanes (PDMS) volatiles ou non à chaîne siliconée linéaire ou cyclique, liquides ou pâteux à température ambiante, notamment les cyclopolydiméthylsiloxanes (cyclométhicones) telles que la cyclohexasiloxane et la cyclopentasiloxane ; les polydiméthylsiloxanes (ou diméthicones) comportant des groupements alkyle, alcoxy ou phényle, pendant ou en bout de chaîne siliconée, groupements ayant de 2 à 24 atomes de carbone ; les silicones phénylées comme les phényltriméthicones, les phényldiméthicones, les phényltriméthylsiloxydiphényl-siloxanes, les diphényl-diméthicones, les diphénylméthyldiphényl trisiloxanes, les 2-phényléthyltriméthyl-siloxysilicates, et les polyméthylphénylsiloxanes ;

- les alcools gras ayant de 8 à 26 atomes de carbone, comme l'alcool cétylique, l'alcool stéarylique et leur mélange (alcool cétylstéarylique), ou encore l'octyldodécanol ;

- les huiles fluorées partiellement hydrocarbonées et/ou siliconées comme celles décrites dans le document JP-A-2-295912 ;

- et leurs mélanges.

Selon un mode de réalisation préféré, la phase grasse de la dispersion selon l'invention comprend un mélange entre au moins une huile H1 et au moins une huile H2, différente de l'huile H1 susmentionnée.

Selon un mode de réalisation, le rapport massique entre la quantité d'huile(s) H1 et la quantité d'huile(s) H2 va de 0,01 à 1 , de préférence de 0,05 à 0,66, en particulier de 0,1 à 0,43, et mieux de 0,17 à 0,25.

Une dispersion selon l'invention peut comprendre de 0,0001 % à 50%, de préférence de 0,1 % à 40%, et mieux de 1 % à 25%, en poids d'huile(s) H1 et H2 par rapport au poids total de ladite composition.

Selon un mode de réalisation, la phase grasse comprend au moins une huile H1 , voire une huile H2, ayant un indice de réfraction proche de celui du/des agent(s) gélifiant(s), afin d'améliorer la transparence de la phase grasse considérée, et donc la transparence de la dispersion selon l'invention. En particulier, lorsque la phase grasse d'une dispersion selon l'invention comprend en outre au moins un agent gélifiant choisi parmi les esters de sucre ou de polysaccharide et d'acide(s) gras, en particulier de dextrine et d'acide(s) gras, et tout particulièrement choisi dans le groupe constitué des palmitates de dextrine, des myristates de dextrine, des palmitates/éthylhexanoates de dextrine, et de leurs mélanges, l'huile H1 et optionnellement l'huile H2 présente(nt) un indice de réfraction proche de celui

du/des agent(s) gélifiant(s), à savoir une huile ayant un indice de réfraction, à température ambiante (25°C) et pression atmosphérique, compris entre 1 ,2 et 1 ,8, de préférence entre 1 ,3 et 1 ,7, en particulier entre 1 ,4 et 1 ,6, et mieux entre 1 ,45 et 1 ,55.

Avantageusement, l'huile H1 ayant un indice de réfraction compris entre 1 ,2 et 1 ,8 est l'huile de Meadowfoam.

Avantageusement, l'huile H2 ayant un indice de réfraction compris entre 1 ,2 et 1 ,8 est une huile de silicone, en particulier une huile de silicone phénylée, par exemple l'huile diphénylsiloxyphényltriméthicone telle que KF-56 A de Shin Etsu (INCI Name: Diphenylsiloxy Phenyl Trimethicone). Une telle huile H2 peut également être l'huile LexFeel® Shine de INOLEX (INCI Name: Propylene Glycol Dibenzoate).

Composé(s) additionnel(s)

Selon l'invention, la phase continue aqueuse et/ou la phase grasse dispersée peut/peuvent en outre comprendre au moins un composé additionnel différent des polymères anionique et cationique, de l'agent gélifiant et des huiles susmentionnées.

Les dispersions selon l'invention peuvent ainsi en outre comprendre des poudres ; des paillettes ; des agents colorants, notamment choisis parmi les agents colorants hydrosolubles ou non, liposolubles ou non, organiques ou inorganiques, les matériaux à effet optique, les cristaux liquides, et leurs mélanges ; des agents particulaires insolubles dans la phase grasse ; des conservateurs ; des humectants ; des stabilisateurs ; des chélateurs ; des émollients ; des agents modificateurs choisis parmi les agents de texture, de viscosité (par exemple des agents gélifiants/de texture de phase aqueuse différents de la base susmentionnée), de pH, de force osmotique et/ou des modificateurs d'indice de réfraction etc .. ou tout additif cosmétique usuel ; et leurs mélanges.

Selon un mode de réalisation, les agents particulaires insolubles dans la phase grasse des gouttes sont choisis dans le groupe constitué des pigments, des céramiques, des polymères, notamment des polymères acryliques, et de leurs mélanges.

Les dispersions selon l'invention peuvent encore en outre comprendre au moins un actif biologique/cosmétique choisi parmi les agents hydratants, les agents cicatrisants, les agents dépigmentants, les filtres UV, les agents desquamants, les agents antioxydants, les actifs stimulant la synthèse des macromoléculaires

dermiques et/ou épidermiques, les agents dermodécontractants, les agents anti-transpirants, les agents apaisants et/ou les agents anti-âge, et leurs mélanges.

Selon un mode de réalisation, la dispersion selon l'invention comprend de 0,00020% à 10%, de préférence de 0,00025% à 5%, et préférentiellement de 0,0026% à 1 % en poids d'agent(s) colorant(s), et notamment de colorant(s), par rapport au poids total de ladite dispersion.

Parmi les agents conservateurs, on peut notamment citer le phénoxyéthanol, le pentylène glycol et l'EDTA.

Selon un mode de réalisation, les dispersions selon l'invention comprennent au moins un agent conservateur, et de préférence un mélange de plusieurs agents conservateurs.

De préférence, la teneur en poids d'agent(s) conservateur(s) est comprise de 0,01 % à 10%, de préférence de 0,5% à 5%, par rapport au poids total de ladite dispersion.

Selon l'invention, une dispersion selon l'invention, et notamment le cœur des gouttes (i.e. la phase grasse), peut également comprendre au moins un agent parfumant, notamment tel que défini dans WO2016096995.

La dispersion selon l'invention peut comprendre de 0,01 % à 30% en poids d'agent(s) parfumant(s), de préférence de 0,5% à 20% en poids, par rapport au poids total de la dispersion.

Selon un mode de réalisation, les dispersions de l'invention peuvent en outre comprendre de la glycérine. De préférence, une dispersion selon l'invention peut comprendre au moins 5% en poids de glycérine par rapport au poids total de ladite dispersion.

En effet, au-delà de la texture, les dispersions selon l'invention apportent un autre avantage par rapport aux émulsions « classiques » car elles permettent d'utiliser de la glycérine, qui plus est dans des teneurs élevées.

Elles peuvent en particulier comprendre de la glycérine en une teneur supérieure ou égale à 10%, supérieure ou égale à 20%, supérieure ou égale à 30%, supérieure ou égale à 40%, voire jusqu'à 50%, en poids, par rapport au poids total de ladite dispersion.

Selon un mode de réalisation, la dispersion de l'invention comprend en outre au moins une charge.

Une dispersion selon à l'invention peut également comprendre au moins une charge, de nature organique ou minérale, permettant, notamment, de lui conférer des propriétés complémentaires de stabilité améliorée au regard de l'exsudation et des propriétés de non-migration après application et/ou de matité et/ou de couvrance. Par « charge », il faut comprendre les particules incolores ou blanches, solides de toutes formes, qui se présentent sous une forme insoluble et dispersée dans le milieu de la composition. De nature minérale ou organique, elles permettent de conférer du corps ou de la rigidité et/ou de la douceur, et de l'uniformité au dépôt, notamment dans un contexte maquillage. Les charges utilisées dans les dispersions selon l'invention peuvent être de formes lamellaires, globulaires, sphériques, de fibres ou de toute autre forme intermédiaire entre ces formes définies. Les charges selon l'invention peuvent être ou non enrobées superficiellement, et, en particulier, elles peuvent être traitées en surface par des silicones, des acides aminés, des dérivés fluorés ou toute autre substance favorisant la dispersion et la compatibilité de la charge dans la dispersion. Parmi les charges utilisables dans les compositions selon l'invention, on peut citer le talc, le mica, le kaolin, la bentone, le carbonate de calcium précipité, le carbonate et l'hydrogéno-carbonate de magnésium, l'hydroxyapatite, le nitrure de bore, les microcapsules de verre ou de céramique, les composites de silice et de dioxyde de titane, comme la série TSG commercialisée par Nippon Sheet Glass, les poudres de polyamide (Nylon Orgasol de chez Atochem), de poly-b-alanine et polyéthylène, les poudres de polytétrafluoroéthylène (Téflon), la lauroyl lysine, l'amidon, les microsphères creuses de polymères, telles l'EXPANCEL (NOBEL INDUSTRIE) ou Polytrap® (Dow Corning), les particules de polyorganosiloxanes élastomères, les savons métalliques dérivés d'acides organiques carboxyliques ayant de 8 à 22 atomes de carbone, de préférence, de 12 à 18 atomes de carbone, par exemple, le stéarate de zinc, de magnésium ou de lithium, le laurate de zinc, le myristate de magnésium, le Polypore L 200 (Chemdal Corporation), les microbilles de résine de silicone (Tospearl de Toshiba, par exemple), les poudres de polyuréthane, en particulier, les poudres de polyuréthane réticulé comprenant un copolymère, ledit copolymère comprenant du triméthylol hexyllactone. En particulier, il peut s'agir d'un polymère d'hexaméthylène diisocyanate/triméthylol hexyllactone. De telles particules sont notamment disponibles dans le commerce, par exemple, sous la dénomination de PLASTIC POWDER D-400 ou PLASTIC POWDER D-800 de la société TOSHIKI, et leurs mélanges.

Le choix des charges, pour des raisons évidentes, doit tenir compte du procédé mis en œuvre (notamment de type « non-microfluidique » ou « microfluidique ») pour la fabrication de la dispersion selon l'invention. Ce choix relève de connaissances générales de l'homme du métier.

Agent(s) de texture

Selon la fluidité de la dispersion que l'on souhaite obtenir, on peut incorporer dans la dispersion selon l'invention, un ou plusieurs agent(s) de texture différents des polymères cationique et anionique, de l'agent gélifiant, des huiles et des charges décrit(e)s précédemment.

Bien entendu, l'homme du métier veillera à choisir les éventuels agent(s) de texture et/ou leur quantité de telle manière que les propriétés avantageuses de la dispersion selon l'invention ne soient pas ou substantiellement pas altérées par l'adjonction envisagée. Egalement, l'homme du métier veillera à choisir la nature et/ou la quantité en agent(s) de texture en fonction de la nature aqueuse ou grasse de la phase considérée de la dispersion selon l'invention.

Ainsi, dans une dispersion selon l'invention, la phase aqueuse peut comprendre au moins un agent de texture différent du polymère anionique et du polymère cationique.

Comme agents de texture hydrophiles, c'est-à-dire solubles ou dispersibles dans l'eau, et donc pouvant être présents dans la phase aqueuse d'une composition selon l'invention, on peut citer :

- les agents de texture naturels, notamment choisis parmi les extraits d'algues, les exsudais de plantes, les extraits de graines, les exsudais de microorganismes, tel que l'alcasealan (INCI : Alcaligenes Polysaccharides), et autres agents naturels, en particulier l'acide hyaluronique,

- les agents de texture semi-synthétiques, notamment choisis parmi les dérivés de la cellulose et les amidons modifiés,

- les agents de texture synthétiques, notamment choisis parmi les homopolymères d'acide (méth)acrylique ou un de leurs esters, les copolymères d'acide (méth)acrylique ou un de leurs esters, les copolymères d'AMPS (2-acrylamido-2-méthylpropane sulfoniques acide), les polymères associatifs,

- les autres agents de texture, notamment choisis parmi les polyéthylèneglycols (commercialisé sous la dénomination Carbowax), les argiles, les silices telles que celles commercialisées sous les dénominations Aérosil® 90/130/150/200/300/380), la glycérine, et

- leurs mélanges.

Par « polymère associatif » au sens de la présente invention, on entend tout polymère amphiphile comportant dans sa structure au moins une chaîne grasse et au moins une portion hydrophile ; les polymères associatifs conformes à la présente invention peuvent être anioniques, cationiques, non-ioniques ou amphotères ; il s'agit notamment de ceux décrits dans FR 2 999 921 . De préférence, il s'agit des polymères associatifs amphiphiles et anioniques et des polymères associatifs amphiphiles et non-ioniques tels que décrits ci-après.

Ces agents de texture hydrophiles sont décrits plus en détails dans FR3041251 .

Bien entendu, l'homme du métier veillera à choisir les éventuels composé(s) additionnel(s) et/ou leur quantité de telle manière que les propriétés avantageuses de la dispersion selon l'invention ne soient pas ou substantiellement pas altérées par l'adjonction envisagée. En particulier, la nature et/ou la quantité du/des composé(s) additionnel(s) dépend(ent) de la nature aqueuse ou grasse de la phase considérée de la dispersion selon l'invention. Ces ajustements relèvent des compétences de l'homme du métier.

Procédé de préparation

Les dispersions selon l'invention peuvent être préparées par différents procédés.

Ainsi, les dispersions selon l'invention présentent l'avantage de pouvoir être préparées selon un procédé simple « non-microfluidique », à savoir par simple émulsification.

Comme dans une émulsion classique, une solution aqueuse et une solution grasse sont préparées séparément. C'est l'ajout sous agitation de la phase grasse dans la phase aqueuse qui crée l'émulsion directe.

La viscosité de la phase aqueuse peut être maîtrisée, notamment, en jouant sur la quantité de polymère anionique (notamment carbomère) et le pH de la solution. De manière générale, le pH de la phase aqueuse est inférieur à 4,5, ce qui peut impliquer l'ajout d'une troisième solution de soude (BF) dans un dernier temps pour atteindre un pH compris entre 5,5 et 6,5.

La viscosité de la phase aqueuse et la force de cisaillement appliquée au mélange sont les deux principaux paramètres qui influencent la taille et la monodispersité de l'émulsion.

L'homme du métier saura ajuster le procédé non-microfluidique pour satisfaire au critère de diamètre moyen des gouttes de la dispersion selon l'invention.

Les émulsions selon l'invention peuvent également être préparées selon un procédé microfluidique, notamment comme décrit dans les demandes internationales WO2012/120043 ou WO2015/055748.

Selon ce mode de réalisation, les gouttes obtenues par ce procédé microfluidique présentent une distribution de taille uniforme.

De préférence, les dispersions de l'invention sont constituées d'une population de gouttes monodispersées, notamment telles qu'elles possèdent un diamètre moyen D compris de 100 μηι à 3 000 μηι, en particulier de 500 μηι à 3 000 μηι et un coefficient de variation Cv inférieur à 10%, voire inférieur à 3%.

Dans le cadre de la présente description, on entend par "gouttes monodispersées" le fait que la population de gouttes de la dispersion selon l'invention possède une distribution de taille uniforme. Des gouttes monodispersées présentent une bonne monodispersité. A l'inverse, des gouttes présentant une mauvaise monodispersité sont dites "polydispersées".

Selon un mode, le diamètre moyen D des gouttes est par exemple mesuré par analyse d'une photographie d'un lot constitué de N gouttes, par un logiciel de traitement d'image (Image J). Typiquement, selon cette méthode, le diamètre est mesuré en pixel, puis rapporté en μηι, en fonction de la dimension du récipient contenant les gouttes de la dispersion.

De préférence, la valeur de N est choisie supérieure ou égale à 30, de sorte que cette analyse reflète de manière statistiquement significative la distribution de diamètres des gouttes de ladite émulsion. N est avantageusement supérieure ou égale à 100, notamment dans le cas où la dispersion est polydispersée.

On mesure le diamètre Di de chaque goutte, puis on obtient le diamètre moyen D en calculant la moyenne arithmétique de ces valeurs :


A partir de ces valeurs D„ on peut également obtenir l'écart-type σ des diamètres des gouttes de la dispersion :


L'écart-type σ d'une dispersion reflète la répartition des diamètres D, des gouttes de la dispersion autour du diamètre moyen D .

En connaissant le diamètre moyen D et l'écart-type σ d'une dispersion, on peut déterminer que l'on trouve 95,4% de la population de gouttes dans l'intervalle de diamètres lD -2< '->D + 2σ\ et que l'on trouve 68,2% de la population dans l'intervalle [ό - σ-, ΰ + σ]

Pour caractériser la monodispersité de la dispersion selon ce mode de l'invention, on peut calculer le coefficient de variation :


Ce paramètre reflète la répartition des diamètres des gouttes en fonction du diamètre moyen de celles-ci.

Le coefficient de variation Cv des diamètres des gouttes selon ce mode de l'invention est inférieur à 10%, de préférence inférieur à 5%, voire inférieur à 3%.

Alternativement, la monodispersité peut être mise en évidence en plaçant un échantillon de dispersion dans un flacon à section circulaire constante. Une agitation douce par rotation de un quart de tour sur une demi-seconde autour de l'axe de symétrie traversant le flacon, suivie d'un repos d'une demi-seconde est effectuée, avant de répéter l'opération en sens inverse, et ce quatre fois de suite.

Les gouttes de la phase dispersée s'organisent sous une forme cristalline lorsqu'elles sont monodispersées. Ainsi, elles présentent un empilement suivant un motif se répétant suivant dans les trois dimensions. Il est alors possible d'observer, un empilement régulier qui indique une bonne monodispersité, un empilement irrégulier traduisant la polydispersité de la dispersion.

Pour obtenir des gouttes monodisperses, on peut également mettre en œuvre la technique de la microfluidique (Utada et al. MRS Bulletin 32, 702-708 (2007) ; Cramer et al. Chem. Eng. Sci. 59, 15, 3045-3058 (2004)), et plus particulièrement des dispositifs microfluidiques de type co-flow (les fluides vont dans la même direction) ou flow-focusing (les fluides vont dans des directions différentes, et typiquement dans des sens opposés).

La présence, dans la phase grasse, d'agent(s) gélifiant(s) peut nécessiter des ajustements au niveau du procédé de préparation d'une dispersion selon l'invention. En particulier, le procédé de préparation d'une telle émulsion selon l'invention peut comprendre une étape de chauffage (entre 40°C et 150°C, notamment entre 50°C et 90°C) au moins de la phase grasse avant mélange/mise en contact de ladite phase grasse avec la phase aqueuse et, le cas échéant et dans le cas d'un procédé « non-microfluidique » tel que susmentionné, le maintien de ce chauffage lors de l'agitation jusqu'à l'obtention de la dispersion recherchée.

Selon un mode de réalisation, le procédé de préparation des dispersions de l'invention comprend une étape de formation des gouttes comprenant :

- la mise en contact d'un fluide aqueux FE et d'un fluide huileux FI tels que définis ci-dessous ; et

- la formation des gouttes de phase grasse, constituée du fluide huileux FI, dispersée dans une phase aqueuse continue, constituée de fluide FE, lesdites gouttes comprenant optionnellement une écorce isolant le cœur des gouttes de la phase grasse de la dispersion.

Selon un mode de réalisation, le fluide FI est initialement préparé en mélangeant une phase grasse destinée à former le cœur des gouttes, au moins un agent gélifiant et au moins une huile H1 et en outre, de façon optionnelle, au moins un premier polymère précurseur de la coacervation tel qu'un polymère cationique tel que défini précédemment, au moins une huile H2 et/ou au moins un composé additionnel tel(s) que susmentionné(s).

Selon un mode de réalisation, le fluide FE est initialement préparé en mélangeant une phase aqueuse destinée à former la phase continue de la dispersion avec, de façon optionnelle, au moins une base, au moins un deuxième polymère précurseur de la coacervation, tel qu'un polymère anionique tel que défini précédemment, au moins un composé additionnel, des conservateurs et/ou autres produits solubles dans l'eau tels que la glycérine.

Selon un mode de réalisation, le polymère cationique optionnellement présent dans ledit fluide huileux FI sert notamment à la formation de l'écorce des gouttes.

Selon un mode de réalisation, la phase continue aqueuse de la dispersion formée comprend, voire est figurée par, la phase aqueuse du fluide FE. Le polymère anionique optionnellement présent dans ledit fluide FE sert notamment à la formation de l'écorce des gouttes. Ledit polymère anionique contribue en outre à augmenter la viscosité du fluide FE, et donc de la phase continue aqueuse.

Selon un mode de réalisation, l'étape de formation des gouttes peut en outre comprendre une étape d'injection d'une solution d'augmentation de la viscosité de la phase aqueuse continue du fluide FE. De préférence, la solution d'augmentation de la viscosité est aqueuse. Cette solution d'augmentation de la viscosité est typiquement injectée dans le fluide externe aqueux FE après formation de la dispersion selon l'invention, et donc après formation des gouttes.

Selon un mode de réalisation, la solution d'augmentation de la viscosité comprend une base, notamment un hydroxyde d'alcalin, tel que l'hydroxyde de sodium.

Selon un mode de réalisation, le procédé de préparation d'une dispersion selon l'invention comprend une étape de chauffage du fluide huileux FI, comprenant la phase grasse de la dispersion, à une température comprise de 40°C et 150°C, de préférence de 50°C à 90°C, préalablement à l'étape susmentionnée de formation des gouttes, et donc avant mélange/mise en contact de ladite phase grasse avec la phase aqueuse. Dans le cas d'un procédé « non-microfluidique » tel que susmentionné, cette étape de chauffage peut être maintenue lors de l'agitation permettant l'obtention de la dispersion recherchée.

Selon un mode de réalisation, la température de l'étape de chauffage est comprise de 50°C à 80°C, de préférence de 50°C à 70°C, et plus préférentiellement de 55 à 65°C.

Selon un mode de réalisation, lorsque le fluide huileux FI comprend de 5% à 15% en poids d'agent(s) gélifiant(s) par rapport au poids total dudit fluide huileux FI, ledit fluide huileux FI est avantageusement chauffé à une température de 65 à 70°C.

Selon un mode de réalisation, lorsque le fluide huileux FI comprend de 15% à 99%, de préférence de 15% à 40%, en poids d'agent(s) gélifiant(s) par rapport au poids total dudit fluide huileux FI, ledit fluide huileux FI est chauffé à une température de 80 à 90°C.

Selon ce mode de réalisation, le procédé de préparation des dispersions de l'invention comprend les étapes suivantes :

- optionnellement, le chauffage du fluide huileux FI tel que décrit ci-dessus, voire du fluide aqueux FE, à une température comprise de 40°C et 150°C, de préférence de 50°C à 90°C ;

- la mise en contact du fluide aqueux FE tel que décrit ci-dessus et du fluide huileux FI ; et

- la formation des gouttes de phase grasse, constituée du fluide huileux FI, dispersée dans une phase aqueuse continue constituée de fluide FE, lesdites gouttes comprenant optionnellement une écorce isolant le cœur des gouttes de la phase grasse de la dispersion,

dans lequel :

- le fluide huileux FI comprend au moins un agent gélifiant et au moins une huile H1 et, optionnellement, au moins un polymère cationique tel que défini précédemment, en particulier l'amodiméthicone, au moins une huile H2 et/ou au moins un composé additionnel tel que susmentionné ; et

- le fluide aqueux FE comprend au moins de l'eau et, optionnellement, au moins un polymère anionique tel que défini précédemment, en particulier un carbomère, au moins un composé additionnel tel que susmentionné.

Utilisations

De manière préférée, la dispersion selon l'invention est directement utilisable, à l'issue des procédés de préparation précités, à titre de composition, notamment cosmétique. La dispersion selon l'invention, lorsque préparée au moyen d'un procédé micro-fluidique tel que décrit ci-dessus, est également utilisable à titre de composition, notamment cosmétique, après séparation des gouttes et redispersion de celles-ci dans une seconde phase appropriée.

L'invention concerne également l'utilisation d'une dispersion selon l'invention pour la préparation d'une composition, notamment cosmétique.

La présente invention concerne ainsi également une composition, notamment cosmétique, comprenant au moins une dispersion selon l'invention, en association avec un milieu physiologiquement acceptable.

Les dispersions ou compositions selon l'invention peuvent notamment être utilisées dans le domaine cosmétique.

Elles peuvent comprendre, outre les ingrédients susmentionnés, au moins un milieu physiologiquement acceptable.

Dans le cadre de l'invention, et sauf mention contraire, on entend par "milieu physiologiquement acceptable", un milieu approprié aux applications cosmétiques, et convenant notamment à l'application d'une composition de l'invention sur une matière kératinique, notamment la peau et/ou les cheveux, et plus particulièrement la peau.

Le milieu physiologiquement acceptable est généralement adapté à la nature du support sur lequel doit être appliquée la composition, ainsi qu'à l'aspect sous lequel la composition doit être conditionnée.

Selon un mode de réalisation, le milieu physiologiquement acceptable est représenté directement par la phase continue aqueuse telle que décrite ci-dessus.

Les compositions cosmétiques de l'invention peuvent être par exemple une crème, une émulsion, une lotion, un sérum, un gel et une huile pour la peau (mains, visage, pieds, etc.), un fond de teint (liquide, pâte) une préparation pour bains et douches (sels, mousses, huiles, gels, etc.), un produit de soins capillaires (teintures capillaires et décolorants), un produit de nettoyage (lotions, poudres, shampoings), un produit d'entretien pour la chevelure (lotions, crèmes, huiles), un produit de coiffage (lotions, laques, brillantines), un produit pour le rasage (savons, mousses, lotions, etc.), un produit destiné à être appliqué sur les lèvres , un produit solaire, un produit de bronzage sans soleil, un produit permettant de blanchir la peau, un produit antirides. En particulier, les compositions cosmétiques de l'invention peuvent être un sérum anti-âge, un sérum jeunesse, un sérum hydratant ou une eau parfumée.

La présente invention concerne également un procédé non thérapeutique de traitement cosmétique d'une matière kératinique, notamment la peau et/ou les cheveux, et plus particulièrement la peau, comprenant une étape d'application sur ladite matière kératinique d'au moins une dispersion ou d'au moins une couche d'une composition cosmétique susmentionnée.

La présente invention concerne également l'utilisation d'au moins une huile H1 non volatile hydrocarbonée contenant plus de 90%, de préférence plus de 95%, d'acides gras ayant au moins 18 atomes de carbone, de préférence au moins 20 atomes de carbone, telle que définie précédemment, pour améliorer la transparence d'une dispersion selon l'invention, et notamment pour réduire, voire prévenir :

- le phénomène d'opacification de la phase aqueuse continue,

- les fuites de matières, notamment d'huile(s) et/ou d'agent(s) gélifiants, de la phase dispersée vers la phase aqueuse continue,

- l'adhésion des gouttes sur les parois du packaging, et/ou

- l'agrégation des gouttes entre elles, et donc

préserver, voire améliorer, la stabilité dans le temps et le visuel de ladite dispersion selon l'invention.

Dans toute la description, l'expression « comprenant un » doit être comprise comme étant synonyme de « comprenant au moins un », sauf si le contraire est spécifié.

Les expressions « compris entre ... et ... », « compris de ... à ... » et « allant de ... à ... » doivent se comprendre bornes incluses, sauf si le contraire est spécifié.

Les quantités des ingrédients figurant dans les exemples sont exprimées en pourcentage en poids par rapport au poids total de la composition, sauf indication contraire.

Les exemples qui suivent illustrent la présente invention sans en limiter la portée.

EXEMPLES

Sauf indication contraire, les dispersions décrites ci-après résultent d'un procédé microfluidique, notamment tel que décrit ci-dessus ou dans WO2017046305. Le dispositif microfluidique mis en œuvre se décompose en deux parties, une première partie où est réalisée à chaud (entre 75 et 90°C) la mise en contact entre l'IF (ou FI) et l'OF (ou FE) de manière à former la dispersion, et une deuxième partie assurant un refroidissement rapide de la dispersion ainsi formée pour accélérer la cinétique de gélification des gouttes et ainsi prévenir les risques de coalescence des gouttes post-formation (température de refroidissement : entre 5 et 28°C).

Exemple 1 : Préparation de dispersions de gouttes macroscopiques avec ou sans huile non volatile hydrocarbonée selon l'invention

Cet exemple a consisté à préparer des dispersions de gouttes macroscopiques d'une phase grasse gélifiée dispersées dans une phase aqueuse continue. Les compositions des phases (fluides) permettant la préparation des dispersions sont les suivantes :


Glycérine codex Glycerin, aqua 1 1 ,1 1

Edeta BD Disodium EDTA 0,044

Carbopol ETD

Carbomer 0,33

2050 polymer

Sodium

hydroxide Sodium

0,013

pellets PRS hydroxyde

codex

Total 100

Eau osmosée Aqua Qsp

Sodium

BF hydroxide Sodium

0,35

(base) pellets PRS hydroxyde

codex

Total 100

* QSP : quantité suffisante pour

Les essais 2A-2C diffèrent des essais 1 A-1 C par la présence d'amodiméthicone en phase grasse gélifiée. Cela conduit à la formation d'une membrane à l'interface eau-huile dérivant d'une réaction de coacervation complexe interfaciale entre l'amodiméthicone et le carbomère.

Protocole de préparation :

Pour l'OF :

Le Phénoxyéthanol, le Pentylèneglycol et l'EDTA sont incorporés dans l'eau. Le mélange est agité pendant 5 min.

Le carbomère est ensuite dispersé dans le mélange précédent sous agitation pendant 30 minutes à l'aide d'une pâle défloculeuse.

La glycérine est ensuite ajoutée et le mélange est placé sous agitation pendant 10 min.

La soude est ensuite ajoutée et on mélange la solution pendant 10 minutes.

Pour l'IF :

L'amodiméthicone, lorsque présente (i.e. essais 2A à 2C), est ajoutée à l'isononyl isononanoate puis mélangée à l'aide d'un barreau magnétique pendant 5 min. On ajoute ensuite le colorant PHAT BLUE DC6204 sous agitation.

Sous agitation, on ajoute l'huile d'argan ou l'huile de Meadowfoam.

On chauffe le mélange à 80°C puis on ajoute le Rheopearl KL2 sous agitation magnétique jusqu'à obtenir une solution homogène.

La solution d'IF chauffée est introduite dans une seringue reliée à un chauffage permettant de maintenir l'IF à chaud (80°C). Pour réduire les pertes thermiques le dispositif microfluidique a été installé directement en sortie de seringue.

Pour la BF : la soude et l'eau sont mélangées à l'aide d'un barreau magnétique pendant 5 min.

Dans ces essais, les débits suivants ont été utilisés :


Les dispersions obtenues comprennent des gouttes ayant un diamètre moyen supérieur à 100 μηι, en particulier supérieur à 300 μηι.

Paramètres observés :

A l'issu de la production, chaque essai de l'exemple 1 est conditionné dans trois réceptacles en polypropylène (PP) de 30 ml rempli à la moitié. Après 1 jour à température ambiante, chaque essai subit un des trois tests de transport ci-après (un réceptacle par test), à savoir :

- test rouleaux (i.e. mouvement circulaire horizontal) : référence Wheaton, pendant 1 heure ;

- table vibrante (i.e. mouvement circulaire vertical) : référence Heidolph Unimax 1010, pendant 1 heure ; et

- mélangeur 3D (i.e. mouvements aléatoires) : pendant 6 minutes.

A l'issue de ces 3 tests, les paramètres adhésion, agrégation et turbidité (ou opacification) de la phase aqueuse continue sont analysés (observation visuelle).

ADHÉSION AGRÉGATION TURBIDITÉ

Fixation des gouttes Agglomération des gouttes entre Transfert de phase grasse sur la paroi du elles (l'agrégation est susceptible dans la phase continue packaging de favoriser la coalescence) aqueuse

Critères de notation :


Résultats :


Les essais ci-dessus ont été reproduits en remplaçant, pour les essais 1 C et 2C, l'huile de meadowfoam par l'huile de jojoba (à % identiques). Des résultats légèrement moins bons qu'avec l'huile de meadowfoam sont obtenus mais néanmoins nettement plus satisfaisants qu'avec l'huile d'argan.

Dans un contexte de dispersion formée de gouttes macroscopiques d'une phase grasse gélifiée dans une phase aqueuse continue, la mise en œuvre d'au moins une huile non volatile hydrocarbonée selon l'invention réduit donc efficacement le phénomène d'opacification de la phase aqueuse continue mais également d'agrégation des gouttes entre elles (et donc les risques de coalescence) et l'adhésion des gouttes sur les parois du packaging.

On observe également que la présence d'une membrane (i.e. 2A-2C) renforce ces avantages en termes de réduction du phénomène d'opacification de la phase aqueuse continue et d'adhésion des gouttes sur les parois du packaging, voire même d'agrégation des gouttes entre elles.

Cela contribue à maintenir le visuel inédit et différenciant de telles dispersions.

Exemple 2 : Influence de la teneur en huile non volatile hydrocarbonée selon l'invention

Cet exemple a consisté à préparer des dispersions de gouttes macroscopiques d'une phase grasse gélifiée dispersées dans une phase aqueuse continue. Les compositions des phases (fluides) permettant la préparation des dispersions sont les suivantes :


Le protocole de préparation, les paramètres observés et les critères de notation sont identiques à ceux décrits en exemple 1 .

Les dispersions obtenues comprennent des gouttes ayant un diamètre moyen supérieur à 100 μηι, en particulier supérieur à 300 μηι.

Résultats :


Une augmentation de la teneur en huile de meadowfoam (i.e. 3C vs 3D) n'est pas impactante sur le phénomène d'opacification de la phase aqueuse continue, l'agrégation des gouttes entre elles (et donc les risques de coalescence) et l'adhésion des gouttes sur les parois du packaging.

Egalement, une augmentation de la teneur en agent gélifiant dans la phase grasse dispersée (i.e. 2C vs 3C) permet de réduire encore l'agrégation des gouttes entre elles, et donc les risques de coalescence.